Pourquoi la banlieue française est-elle en flamme ?

Publié le par GUYSEN Par Sydney Touati pour Guysen Israël News

Un évènement d’une rare gravité vient de se produire à Marseille. Un bus a été incendié par des « innomés » alors que des passagers étaient à bord. Une femme de 26 ans a été grièvement brûlée.
Pourquoi, en dépit des plans successifs, des milliards investis, toutes les politiques ont-elles échoué à résoudre le problème des banlieues dites sensibles ?


Pourquoi, jour après jour, la violence est-elle plus grande, plus profonde, plus terrifiante ?
Devant le spectacle devenu banal des voitures qui flambent et des forces de l’ordre caillassées, la France fait face à une situation que manifestement, les responsables ne contrôlent plus.
Pourquoi une telle violence ? Pourquoi un tel rejet de l’ordre républicain par une partie croissante et de plus en plus active de la population des banlieues ?
Face à ce phénomène sans précédent, les « élites » françaises sont profondément divisées d’autant que le sens que l’on donne à ces évènements est fonction des enjeux électoraux.

Faute de mieux, on continue à se définir par rapport à de vieilles options, celles qui ont manifestement fait faillite. On distingue entre le traitement social et la réaction policière. On oppose la prévention à la répression.
A écouter les uns et les autres, on devine que les hommes politiques se raccrochent sans grande conviction à des grilles de lecture obsolètes et qu’en réalité tous tentent de masquer le profond désarroi qui s’est emparé de la société tout entière.

Car le scénario qui se joue, là, sous nos yeux, rappelle étrangement celui qui s’est produit dans les années cinquante au cours du processus de décolonisation, avec une simple nuance : la colonie n’est plus au-delà des mers ou des océans, mais ici, « chez nous ».

Tout se passe comme si les évènements qui secouent de manière chronique les banlieues n’étaient que l’expression ou le prolongement voire le symptôme d’une décolonisation ratée. La haine d’un côté et l’incompréhension de l’autre, indiquent que la France n’a pas fait le deuil de la « colonie » et que la « colonie » n’a pas fait le deuil de la France.
La confrontation qui se prolonge indéfiniment entre ces deux mondes, est le signe que l’ordre qui s’est établi après le dernier acte, l’indépendance de l’Algérie en juillet 1962, repose sur quelque chose de faux.
Les jeunes qui lancent des pierres et brûlent des autobus portent l’héritage fantasmé des rêves brisés de leurs parents et grands parents. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce que ces adolescents font payer à la France, c’est l’incurie des dirigeants de leurs pays d’origine. C’est la frustration de promesses que l’indépendance n’a pas tenue. C’est l’humiliation de peuples maintenus depuis plus de quarante ans dans l’oppression et le silence et la misère alors que ces pays regorgent pour la plupart de richesses.
Contrairement à ce qu’affirment depuis des dizaines d’années les responsables, ce n’est pas la société française qui est rejetante (je ne nie nullement l’existence d’actes racistes ou xénophobes), ce sont ces « jeunes » qui ne peuvent assumer leur existence ici. Ils ne peuvent supporter d’être français et ce qu’ils recréent, là sous nos yeux, c’est précisément la « colonie ».

L’arrière monde qui les structure est celui de la décolonisation et ils répètent à leur manière les gestes de leurs héros qui se sont battus les armes à la main contre la France. Mais cette lutte dérisoire, absurde, est un pur non-sens car leurs pays d’origine sont tous en théorie, « libérés » et de toutes façons ne veulent pas d’eux.

Cette contradiction est telle, qu’ils ne revendiquent plus rien. Ils cassent, pillent, brûlent. Demain, ils tueront.
Leur cible privilégiée aujourd’hui, étant la police, ils tueront un « flic ».
C’est une probabilité quasi-mathématique.
Que fera alors la société française ? Comment réagira-t-elle ? Il est impossible de le prédire. Cependant, avant que l’irrémédiable ne se produise, il faut que les responsables de tous bords et les politiques en particulier, cessent de « jouer » avec la banlieue, comme ils doivent cesser de « jouer » avec l’Islam et le monde arabe. Il faut impérativement qu’ils cessent d’inscrire les évènements actuels dans leur stratégie de conquête du pouvoir. Il faut que cesse le double langage. On ne peut applaudir les lanceurs de cailloux lorsqu’ils ont pour cible la police israélienne et les condamner lorsque la police est française. Si l’on ne veut pas que la république soit emportée dans la tourmente, il est nécessaire que l’ordre républicain et démocratique soit défendu sous toutes les latitudes, tout comme il est nécessaire, quel que soit le lieu d’habitation, que la république garantisse à chaque citoyen la liberté et la sécurité.

Pourquoi cet objectif est-il inaccessible dans les banlieues dites sensibles ?
Un idéalisme délirant qui fait de la détestation de la police son credo, voudrait que règne dans ces endroits, une sorte de justice immanente fondée sur l’unique pouvoir des impératifs moraux. Il s’agit là d’un rêve impossible. On sait depuis Pascal, que la justice sans la force est impuissante. Alors, pour que l’ordre républicain soit rétabli, commençons par réconcilier justice et police. Le clivage radical entre ces deux institutions doit être surmonté si l’on veut rendre à la loi son véritable pouvoir : l’intégration.


http://www.guysen.com/articles.php?sid=5223
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Publié dans ACTUALITE

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