Liban : s’extirper du diktat des terroristes chiites et de l’influence de Damas

Publié le par Metula News Agency ©


"Pourquoi exempte-t-on le Hezbollah de l’application d’un article de l’accord de Taëb, stipulant le désarmement de toutes les milices ? Le Hezbollah constitue un Etat indépendant à l’intérieur du Liban !".

 

Ce commentaire, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne provient pas du ministre israélien de la Défense, ni même des rangs de la majorité écrasante de notre parlement. L’auteur de ces propos n’est autre que le chef des bouchers égorgeurs en Irak, le palestino-jordanien Abou Moussab El-Zarqaoui. L’ennemi public numéro un de la coalition occidentale, des chiites, des Kurdes, du gouvernement et de tous ceux qui tentent de pacifier la Mésopotamie, a fait ces déclarations oralement, hier, sur le site Internet principal d’Al-Quaëda.

 

Il semble que la haine de Zarqaoui, sunnite, contre les musulmans chiites surpasse encore sa détestation des Américains et des Israéliens. Ainsi le délégué à l’Apocalypse de Bin Laden en Irak nomme-t-il, sur cette bande audio, les chiites de l’insulte consacrée Rafidha et y dénonce-t-il une alliance entre le Hezbollah et Jérusalem, qui aurait pour but "d’empêcher les sunnites de franchir cette frontière". Zarqaoui ne se contente pas de paroles, puisqu’un commando sunnite à sa solde a été intercepté il y a quelques jours au Liban alors qu’il se préparait à assassiner le leader du Hezbollah, le sayyed Hassan Nasrallah.

 

Le Hezbollah et les autres composantes de la communauté chiite libanaise, qui sont, par ailleurs, de plus en plus isolés sur la scène politique. Première raison à cela, leur allégeance continue au régime syrien, accusé d’avoir assassiné l’ex-1er ministre sunnite Rafic El-Hariri et certains parmi les plus brillants de nos confrères journalistes. Mardi dernier, nos députés furent mis au pied du mur, lorsqu’ils eurent à se prononcer sur une motion appelant à rejeter le mandat d’amener d’un tribunal militaire de Damas contre le député et chef de la communauté druze, M. Walid Joumblatt.

 

Le tribunal des Al-Assad avait saisi Interpol – faignant d’ignorer que cette organisation d’entraide policière est incompétente pour agir dans des différends d’ordre politique – d’un mandat d’amener contre le cheikh druze pour avoir appelé les Etats-Unis à attaquer la Syrie et pour avoir tenu des propos, jugés diffamatoires par ledit tribunal, contre le dictateur Béchar Al-Assad et son armée. La motion soumise au vote de notre parlement proposait également de rejeter les mandats de comparution de cette cour décernés à notre ministre des Télécommunications, M. Marouan Hamadé et à notre collègue de la presse, Farès Khachane.

 

Les députés ont fait montre d’une remarquable homogénéité en acceptant la motion de rejet à la quasi unanimité, à l’exception des députés des organisations politico-terroristes chiites d’Amal et du Hezbollah, qui se sont abstenus.

 

Les parlementaires du Courant Patriotique Libre (CPL) du général Michel Aoun se sont, bien entendu, exprimés en faveur de la motion présentée, ce qui a immédiatement donné lieu à un spectaculaire rapprochement entre Aoun et Joumblatt. Les deux hommes étaient très en froid ces derniers mois et cette dispute gênait sérieusement le général dans ses tentatives afin d’obtenir, légalement, la destitution de l’actuel président de la République Emile Lahoud, la baudruche d’Al-Assad, ainsi que des élections anticipées pour pourvoir à son remplacement. Le vote des aounistes en faveur des druzes laisse entrevoir de possibles développements politiques intéressants, et des réunions entre dirigeants du CPL et du PSP (le parti druze), en vue de préparer la plateforme d’une rencontre Aoun-Joumblatt, ont déjà eu lieu.

 

L’autre raison de l’isolement grandissant du Hezb et des autres alliés des Al-Assad consiste dans leur refus de déposer leurs armes – en conformité avec les exigences provisionnées dans les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU –, de permettre à l’armée nationale de se déployer le long de la frontière israélienne et de cesser les provocations armées contre notre puissant voisin méridional. Les ministres, les députés, comme l’ensemble de la population, se rendent bien compte que si les terroristes persistent à lancer des Katiouchas sur les Hébreux à partir de notre territoire, ces derniers ne nous répondront pas en nous envoyant du riz et des gâteaux !

 

Jeudi va se tenir un nouveau round de la table ronde dite du dialogue national.  Pour le ministre Marouan Hamadé, le vote de la motion au parlement va peser lourdement sur le dossier capital du désarmement du Hezbollah.

 

Un autre ministre, celui de l’Information, M. Ghazi Aridi, pose quant à lui des questions ouvertes concernant le rôle de l’organisation de Hassan Nasrallah et sa dangerosité :

 

"Il faudra bien qu’il (le Hezbollah) réponde aux questions que nous nous posons depuis les derniers événements au Sud", précise M.Aridi. "Qui est responsable des Katiouchas lancées sur Israël ? Que signifie le fait que le responsable du Hezbollah au Sud affirme que son parti n’est pas une force sécuritaire et qu’il ne peut savoir qui a lancé les roquettes ? La situation au Sud est-elle à la merci de n’importe quel groupe désirant semer le trouble ? De plus, Ahmad Jibril (le chef de l’organisation terroriste palestinienne du Front Populaire de Libération de la Palestine, commandement général), a déclaré que son groupe menait des opérations de concert avec le Hezbollah. Or, le Hezbollah n’a pas démenti cette déclaration, alors qu’il s’est engagé à mettre un terme à la présence des armes des Palestiniens hors des camps. Que reste-t-il de cet engagement ? Ce sera certainement l’un des principaux thèmes de la réunion de jeudi".

 

Entre-temps, dans l’attente dudit meeting – une sorte de tous contre un –, le Hezbollah donne des signes de nervosité. Ainsi hier, des milliers de sympathisants islamistes ont été à l’origine d’émeutes à Beyrouth et dans ses fiefs des autres régions du pays. La raison en était une scène de l’émission satirique très populaire de la chaîne LBCI, Bassmat el-Watan, le "Sourire du pays", dans laquelle un comédien s’était déguisé en Hassan Nasrallah. Rien de méchant, seulement que le faux sayyed répondait à côté (comme c’est souvent le cas dans la réalité), lorsqu’on lui demandait si son organisation avait l’intention de rendre ses armes.

 

Dans un pays occidental, cette saynète serait passée totalement inaperçue, tant elle était gentillette et dénuée de toute esquisse d’insulte ou même d’agressivité. Oui, seulement le Liban est un pays qui n’est qu’à moitié occidental, lors, les choses se sont rapidement gâtées. Sans le déploiement rapide de l’armée, notamment près de l’ancienne ligne de démarcation (chrétiens-musulmans. Ndlr) à Beyrouth, les choses auraient certainement dégénéré. Des partisans de Nasrallah ont ainsi bloqué l’autoroute qui mène à l’aéroport international, tandis que d’autres se réunissaient autour d’une église à Haret Hreik, avec la ferme intention de la saccager. Pneus enflammés, jets de pierres, il aura fallu attendre la lecture d’un communiqué sur la télévision du Hezbollah, Al-Manar, pour que les choses se calment un peu. Ledit communiqué parlait, je cite, de salut aux "(…) sentiments de nos frères (les émeutiers) et leur condamnation de l’insulte infligée par une chaîne de télévision au symbole et au seigneur de la résistance. (…)".

 



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Beyrouth, tard hier soir

 

Le réalisateur de l’émission, Charbel Khalif, a été contraint de faire paraître un communiqué d’excuses et de rendre hommage au seigneur des islamo-damascènes. Ridicule ? Certes, mais, comme en Europe après la publication des caricatures danoises, les intimidations des islamistes feront leur effet : les media réfléchiront à quatre fois avant de critiquer leurs symboles, leurs leaders et leurs excès. Tandis qu’eux s’en donnent à cœur joie, et en toute impunité, pour insulter et même agresser physiquement, quotidiennement, les chrétiens, les Juifs et les bouddhistes.

 

Mais ne nous laissons pas égarer par des épiphénomènes. Les Libanais veulent que leur Etat rétablisse son contrôle exclusif sur l’ensemble du territoire national et désirent un président qui soit représentatif. Le seigneur de la résistance, le dos au mur, est instamment prié, par 80 % de ses concitoyens, d’aller résister ailleurs… 



Par Michaël Béhé à Beyrouth © Metula News Agency

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Publié dans ACTUALITE

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