Le Wakf creuse en toute liberté sur le Mont du Temple

En théorie, le Wakf est le conseil musulman qui gère la vie religieuse des lieux de prière situés sur le Mont du Temple. Son rôle est administratif et, sur le papier toujours, surtout pas politique. Encore moins, lui est-il donné la possibilité de mettre en œuvre des travaux ou d’effectuer des fouilles sans en demander au préalable l’autorisation aux pouvoirs publics israéliens.
Or, et ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, la semaine passée le Wakf vient encore de se faire prendre la main dans le sac. Le conseil musulman local a entrepris des travaux à même de détruire des vestiges archéologiques de la plus haute importance pour l’histoire juive. Ce sont les Israéliens membres du Mouvement pour la construction du Temple (‘Tnoua leKinoun haMikdash’) et du ‘Conseil de Prévention contre la destruction des antiquités sur le Mont du temple’ qui ont révélé le scandale. Le Wakf vient de creuser une tranchée qui parcourt tout le secteur, depuis le nord du Mont du Temple jusqu’à la mosquée El-Aksa, le dôme gris se trouvant au sud de l’esplanade.
La tranchée dont il est question est d’un mètre de profondeur et sa largeur varie entre cinquante centimètres et un mètre. Elle est censée permettre le remplacement d’un câble électrique datant de 1959 et qui s’est abîmé récemment. Environ quinze ouvriers et deux grands tracteurs ont œuvré au perçage de la tranchée. Selon l’architecte Guidon Harlap, qui a découvert l’existence de ces travaux en même temps que le professeur Eli Holander, «la tranchée a été creusée au cœur du Mont du Temple, à l’endroit où se situait le Temple.» Ces spécialistes dénoncent le fait que les travaux ont été réalisés sans contrôle d’aucune sorte, ‘contre tout principe professionnel élémentaire’.
Les témoignages font état d’une multitude de fragments d’argiles éparpillés autour de la tranchée sans précaution. Ainsi, Harlap a raconté avoir trouvé près de la tranchée les restes d’une cruche de l’époque du Premier Temple, mais celle-ci a été récupérée par les gens du Wakf. «Nous avons également découvert les restes de la muraille nord de la partie réservée aux prêtres (‘Ezrat Cohanim’).» Pour en être sûr, il faudrait procéder à des fouilles archéologiques en bonne et due forme. C’est dans ce but que Harlap organise ces jours-ci la venue d’une délégation internationale d’archéologues qui devra procéder à ces fouilles. Triste de constater qu’en 2007, en Israël, pour aller à la rencontre de notre passé juif, à l’endroit le plus sacré de toute l’histoire juive, nous en sommes réduits à demander l’intervention d’une délégation étrangère pour ne pas froisser le conseil musulman.