«Faurisson : vous êtes bien un faussaire de l’Histoire !»

Publié le par ACTUALITE JUIVE

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  Actualité
 
  Article extrait du Numéro : 976 du 19-04-2007   
         
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  «Faurisson : vous êtes bien un faussaire de l’Histoire !»  
       
       
Lors de la deuxième journée du procès intenté par le négationniste contre Robert Badinter, le procureur a demandé au tribunal de débouter le plaignant.
 
     
 
C’est devant une salle comble au sein de laquelle se trouvait de nombreux partisans de Robert Faurisson que s’est tenue lundi 2 avril la seconde journée du procès intenté par l’ex-professeur négationniste contre Robert Badinter. En raison du très important nombre de témoins produits par la défense de l’ancien ministre de la Justice, une première journée d’audience qui s’était tenue le 12 mars dernier (voir Actualité Juive n°973) n’avait pas été suffisante pour clore les débats. L’une des particularités de cette affaire est que R. Faurisson, maintes fois poursuivi et condamné par les tribunaux pour des propos négationnistes, était cette fois le plaignant. L’ex-professeur de littérature (il n’a jamais été historien) s’était estimé diffamé par R. Badinter qui, lors d’une émission en novembre 2006 sur la chaîne Arte, l’avait traité de « faussaire de l’histoire ». Pour justifier sa plainte, R. Faurisson, dont tous ceux qui l’ont approché connaissent sa propension à ergoter et à pinailler sans relâche sur le moindre mot, a fait valoir que les jugements prononcés à son encontre ne lui ont jamais reproché expressément d’avoir « falsifié l’Histoire » mais seulement d’avoir « manqué à l’obligation de prudence propre à la recherche historique ». On l’a compris, en cherchant à obtenir la condamnation de R. Badinter sur le terrain de la diffamation, le chef de file des négationnistes français tentait de se voir délivrer par la justice une sorte de certificat de validité de ses « travaux » niant la Shoah et l’existence des chambres à gaz. R. Badinter aurait d’ailleurs pu traiter une telle démarche par le mépris. Mais l’éminent avocat avait décidé d’être physiquement présent à l’audience pour affronter et démasquer R. Faurisson. A l’ouverture du procès, le 12 mars dernier, il s’était adressé directement et sans ménagement à l’ancien professeur radié des universités pour lui infliger une cinglante et magistrale leçon. C’est dire si l’on s’est bousculé à l’entrée de la salle d’audience pour entendre, lors de la seconde journée, le point de vue du procureur François Cordier. « Robert Faurisson, vous êtes bien un faussaire de l’Histoire viscéralement antisémite, attaque d’emblée le représentant du ministère public. Qu’importe si le terme faussaire n’est pas apparu dans le jugement vous condamnant et dont aujourd’hui vous voudriez vous réclamer. Ce jugement était un réquisitoire implacable qui vous a conféré l’ensemble des attributs du faussaire. Votre condamnation n’était pas fondée sur des considérations morales comme vous le soutenez aujourd’hui mais bien parce que vous avez falsifié l’Histoire ». Puis, se tournant vers le tribunal, le procureur poursuit : « Tout, dans le raisonnement de Faurisson, est faussé. Ses analyses sont faussées. Ses conclusions sont des amalgames que rien ne vient étayer. Tout cela ne produit que des mensonges et des impostures qui sont le propre des faussaires. Aujourd’hui, par ce combat douteux qu’il a engagé devant la justice, il espère se voir délivrer un brevet de respectabilité. Vous rejetterez ce qui ressemble à une nouvelle tentative de mystification. Ce faisant, vous direz que tous ces enfants, toutes ces femmes, tous ces vieillards, tous ces hommes qui ont été arrêtés, déportés, exterminés seulement parce qu’ils étaient juifs, tziganes ou encore malade mentaux, demeureront éternellement dans notre mémoire, qui est leur unique sépulture ». De timides applaudissements saluent le réquisitoire. Timides, parce que ce n’est pas l’usage devant un tribunal et parce que plus d’un faurissonien présent dans la salle continue de ricaner aux propos du procureur. Qu’ajouter de plus ? Quelques instant auparavant, Maître H. Leclerc, l’un des avocats de R. Badinter a hurlé son indignation : « On vous demande de rendre une injustice majeure au nom d’un sophisme, de condamner un Juste au nom d’un faussaire ! C’est la grandeur de notre justice que d’accepter ces procès-là. Mais c’est aussi la grandeur de la justice que de ne pas permettre aux menteurs de triompher », plaide Henri Leclerc avant de rappeler la présence de R. Faurisson à la conférence internationale des négationnistes qui s’est tenue en décembre dernier à Téhéran. L’avocat cite des extraits de l’intervention de l’ex-professeur devant ses hôtes iraniens. A la tribune, il aurait expliqué que les autorités allemandes avaient été « obligées de prendre des mesures de police plus ou moins dures - mais justifiées - a l’encontre des Juifs européens en raison de leur attitude hostile et de leurs activités de guérilla… ». Maître Leclerc explose et apostrophe R. Faurisson: « Faussaire ! Menteur ! La grand-mère de Badinter envoyée sur une civière à Drancy… Elle avait 80 ans… Elle menait une guérilla, peut-être ? Et les enfants d’Izieu, tous emmenés et dont aucun n’est jamais revenu, que sont-ils devenus ? On les a peut-être fait disparaître parce qu’ils faisaient preuve d’une attitude hostile ? » Tassé sur son banc, R. Faurisson ne bronche pas. Le vieillard au visage sec et au regard méprisant semble s’être lui-même barricadé dans son délire haineux qui lui tient lieu de certitude. Par moment, il se lève, déambule dans la salle et va s’adosser à une boiserie, les bras croisés sur son costume sombre à rayures comme pour mieux manifester son indifférence aux plaidoiries qui l’accablent. Tout au long de ces deux journées d’audience, il a réaffirmé que « l’Holocauste n’est qu’un mythe » et que les « chambres à gaz n’étaient que des douches ». On devine dans son attitude comme un plaisir malsain à prononcer ces outrances, une sorte de jouissance sénile à proférer ces obscénités devant un tribunal. Il se produit pour son public. Il est prêt à toutes les ignominies pour s’exhiber devant ses supporters. Il sait qu’il peut aussi compter sur le soutien sans failles de son avocat de toujours, Maître Eric Delcroix, vieux défenseur de l’extrême droite négationniste. Ce dernier dans sa plaidoirie n’a pas craint, « expertises scientifiques à l’appui », d’affirmer « qu’aucune trace de gazage n’a été décelée sur les cadavres retrouvés au camp alsacien du Struthof ». Maître Delcroix n’a pas hésité non plus à menacer de poursuites judiciaires pour « faux témoignage » les historiens venus à la barre soutenir Robert Badinter. Jugement le 21 mai.
 
     
  Clément Weill-Raynal  


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Publié dans ANTISEMITISME

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