LES MAUVAIS SIGNAUX DE ROME ET DE LONDRES
Dernières mauvaises nouvelles: l'enseignement de l'holocauste a été supprimé des écoles anglaises pour ne pas offenser les élèves Musulmans qui n'y croient pas
. Le syndicat des journalistes anglais a décidé de boycotter les produits israéliens, du fait de la 2ème guerre du Liban
., alors que le Vatican appelle au boycott des services de Yad Washem liés à l'Holocauste
., alors que le Hamas appelle les Musulmans au génocide du peuple Juif sur la télévision nationale palestinienne
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LES MAUVAIS SIGNAUX DE ROME ET DE LONDRES
POURQUOI NOUS PERDONS LA GUERRE DES IDEES
Par Claude MONIQUET, président de lESISC
www.esisc.org du 13 avril 2007
La guerre contre le terrorisme est dabord et avant tout une guerre des idées, une offensive pour convaincre la tête de ceux qui pourraient être tentés de rejoindre les phalanges de lislamisme armé et séduire leur coeur. Nous (le monde démocratique) devons les persuader que nous ne sommes pas leur ennemi mais que, au contraire, nous représentons le progrès et leur liberté. Ce nest que par cette approche que les groupes radicaux pourront être isolés avant dêtre détruits. Malheureusement, cette indispensable guerre des idées et des coeurs, nous sommes en train de la perdre. Et nous la perdons parce que limage que nous projetons est lamentable : oui, certains jours, nous sommes lâches, vénaux, hypocrites et indifférents. Rome et Londres viennent, dailleurs, de le prouver.
On ne lit pas assez la littérature islamiste (le mot « littérature » est, ici, à prendre au
sens le plus large : les textes doctrinaux, les sites Internet, les articles et interventions
de Ben Laden, al-Zawahiri et consorts). Elle est pourtant extrêmement révélatrice.
Non pas tellement pour ce quelle nous apprend du projet politique des tenants du
salafisme armé - celui-ci est assez connu mais pour limage de nous-mêmes que nous renvoient ces textes. Pour les djihadistes, les « infidèles » que nous sommes sont lâches, corrompus, hypocrites, indifférents à la souffrance des autres et enclins à la trahison. Navons-nous pas battu en retraite, à Beyrouth, dans les années quatre-vingt après quelques attentats (particulièrement sanglants, il est vrai) contre les troupes américaines et françaises ? La grande et puissante Amérique ne sest-elle pas désengagée de la Somalie, au début des années quatre-vingt-dix, après y avoir perdu une quinzaine de soldats des Forces spéciales ?
En nous frappant assez fort et de manière assez répétée, soutient inlassablement la propagande adverse, lennemi arrivera donc à nous tétaniser et à réaliser son but : nous chasser, nous « lennemi lointain» du monde musulman pour pouvoir, enfin, sen prendre à «lennemi proche » : les « régimes impies » que nous soutenons et dont le renversement est le véritable but du djihad. Et si nous sommes lâches, soutiennent les islamistes, cest parce que nous nous sommes enfoncés, noyés, avilis pour tout dire, dans une société permissive, jouisseuse et ivre de consommation dans laquelle largent remplace «le vrai Dieu ». Cette même littérature nous dépeint également comme hypocrites et sournois et indifférents à la souffrance des autres. Le message est clair : personne ne peut nous faire confiance
car, tôt ou tard, par lâcheté et par intérêt, nous ne cesserons de soutenir nos alliés locaux (comme les Etats-Unis lont fait au Vietnam ou la France en Algérie avec les Harkis). Celui qui parie sur nous partagera donc notre sort ou, pire, fera, seul, face à son propre et tragique destin.
Malheureusement, à deux reprises en peu de semaines, nous venons de confirmer cette image sombre qui est la nôtre.
Inutile de chercher plus loin quà Rome une parfaite illustration de la lâcheté, de lhypocrisie et de la sournoiserie du monde démocratique : il suffit de se référer à laffaire Mastrogiacomo. Pour obtenir sa libération, lItalie a exercé de fortes pressions (dixit le président Karzaï) sur les autorités afghanes pour faire relâcher 5 Talibans en échange du journaliste. Au passage, la république italienne, bonne fille, aurait versé deux millions de dollars aux ravisseurs.
Mais en oubliant chauffeur et interprète qui ont été assassinés dhorrible façon (1).
Double leçon, donc, pour les djihadistes et, surtout, pour ceux qui les observent : oui nous sommes lâches (nous négocions) et oui nous sommes sournois, hypocrites et indifférents aux autres : nous sauvons nos compatriotes à nimporte quel prix mais nous laissons tomber les locaux qui nous aident
Lâcheté, à nouveau, mais doublée cette fois de vénalité, à Londres. Une quinzaine de marins britanniques se rendent, sans tirer un seul coup de feu, même en lair contre leurs assaillants (il est permis de penser que, devant une attitude plus ferme, les Pasdarans auraient reculé) puis ils se prêtent au jeu de leurs ravisseurs en confessant à la télévision des fautes imaginaires et en se laissant filmer, joyeuse petite bande, à des fins de propagande (toute chose qui, soit dit en passant, pourraient être constitutives dun crime de trahison
). Pour couronner le tout, on ajoutera à ce déplaisant tableau une bonne touche de vénalité : à peine rentrés à la maison, les militaires britanniques vendent au prix fort leurs souvenirs à la presse people. A défaut davoir été courageux, les soldats de Sa Gracieuse Majesté ont le sens des affaires.
On croit rêver. Mais le rêve cest à lennemi, qui nen espérait sans doute pas tant, que nous loffrons car nous correspondons en tous points, en cette double actualité, à limage quil sefforce de peindre de nous. A nos alliés, nous offrons un cauchemar : que vaut notre engagement, de quel poids sont nos promesses ?
Quant à nous, entre rêve et cauchemar, nous ne faisons que construire notre propre avenir et, si nous ne nous reprenons pas, il sera sombre. La guerre contre le terrorisme nest pas que militaire, policière ou judiciaire. Elle est aussi psychologique.
Les coeurs et les esprits, il serait temps dy penser et de nous cramponner aux valeurs que nous prétendons être les nôtres
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Note