Trois petits malades irakiens opérés en Israël

Publié le par Arouts sheva - Claire Dana Picard

Israël, pays ennemi ? Cela dépend pour qui : lorsqu’il s’agit de petits malades irakiens qui peuvent trouver leur salut dans une opération pratiquée dans un hôpital israélien, les contingences politiques ou ethniques sont mises de côté au profit de l’amélioration de la santé des enfants.

Dans le cadre d’un projet humanitaire intitulé "Sauver le cœur d’un enfant", une association israélienne fondée il y a 12 ans a déjà organisé l’opération de 1600 enfants issus de 25 pays, dont certains sont les ennemis jurés d'Israël, et même de l’Autorité palestinienne. Parmi les Etats figurent la Jordanie, la Chine, l’Ethiopie, la Roumanie, la Moldavie, l’Ukraine, le Vietnam, le Nigeria etc…

Cette fois, c’est le tour de trois enfants irakiens souffrant de malformations cardiaques, âgés d’un an à 14 ans, d'entreprendre le voyage en Israël. Ils traverseront la frontière au pont Allenby et seront admis dans les services de cardiologie de l’hôpital Wolfsohn de Holon.

Le directeur de l’association, Simon Fischer, a commenté cette nouvelle initiative en rappelant que ce type d’intervention était possible depuis la chute du régime de Saddam Hussein.

Il a ajouté qu’au mois de décembre, il s’était lui-même rendu en Jordanie avec une équipe de médecins pour installer un dispensaire où 29 enfants irakiens avaient été examinés. Par la suite, 20 d’entre eux ont été déclarés aptes à subir une opération en Israël. Jusqu’à présent, a-t-il précisé, cinq petits Irakiens ont déjà été opérés en Israël dans le cadre de ce projet et il est question d’un nouveau voyage en Jordanie dans le courant de l’année pour d’autres enfants de ce pays. 

Toutes les actions entreprises par cette association, dont le président est l’homme d’affaires Sami Shimon, sont financées par des dons. Pour les responsables, il ne s’agit pas seulement d'une action humanitaire. Ils pensent en effet que les efforts qu’ils déploient pour leurs petits malades permettront de soigner l’image de marque d’Israël et considèrent les familles de leurs patients comme les "ambassadeurs" de l’Etat d’Israël dans leur pays d’origine.

Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions : si les quelques familles bénéficiant des soins dévoués des médecins israéliens ont peut-être changé leurs mentalités, il n’en va certainement pas de même de leurs dirigeants ou de la population de leur pays.

Toutefois, Simon Fisher préfère voir les choses de façon positive, racontant : "C’est une expérience étonnante. Les parents arrivent de pays considérés comme nos ennemis. Les familles précédentes étaient venues avec des appréhensions et la peur de l’inconnu. Au mois de janvier, deux pères qui accompagnaient leurs enfants ont indiqué qu’ils ne leur avaient pas révélé le nom du pays dans lequel ils se rendaient pour les soins. Mais avec le temps, ils ont repris confiance et ont vu comment leurs enfants étaient bien traités".

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Publié dans ACTUALITE

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