ETRANGE MALAISE !

Publié le par PRIMO EUROPE par JACQUELINE REBIBO

 
A la une : Etrange malaise
Jacqueline Rebibo
ETRANGE MALAISE !

J’ai eu l’honneur d’assister, en qualité de membre d’Aloumim, association israélienne d’enfants cachés en France pendant la Shoah, à la cérémonie d’hommage aux Justes de France, le 19 janvier 2007, au Panthéon, à Paris.

Cérémonie due à l’initiative de Mme Simone Veil, présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de sa directrice, Mme Anne-Marie Revcolevschi, afin que les Justes de France, honorés par l’Etat d’Israël sous la forme d’une médaille décernée par Yad Vashem à Jérusalem, le soient également par leur pays, la France.

C’était une grandiose cérémonie, mais pourquoi, venue de Jérusalem pour y assister, ai-je ressenti en même temps qu’une profonde émotion, un curieux malaise ?

Le 17 juillet 1995, le président français, Jacques Chirac, est le premier à reconnaître et à dénoncer la responsabilité de l’Etat Français dans la déportation des 76.000 juifs de France. Le 19 janvier 2007, le président français Jacques Chirac, au terme de son mandat, honore les « Justes de France ».

Au delà de cette belle cérémonie,
Au delà de cet hommage mérité, rendu aux Justes de France,
Au delà de l’émotion ressentie lors des rencontres avec des « enfants cachés » venus, d’Israël, des Etats-Unis, du Canada, de France,
Au delà de l’émotion ressentie par les 84 Justes présents, sur les 240 encore vivants, en France,
Au delà de cette même émotion ressentie par les « enfants cachés » présents, aux côtés de leur « sauveur »,
Au delà de cette même émotion ressentie par les « enfants cachés » présents, accompagnés par leurs petits-enfants,

Pourquoi cet étrange malaise ?

Août 1941, mon père arrêté par la police française, transporté par les bus de la RATP au camp de Drancy.
Mars 1942, mon père, « convoyé » par le convoi n°1, de Drancy à Auschwitz, dans les wagons à bestiaux de la SNCF.
Début 1941, « expédiée » à Laignes, Côte D’Or, par une jeune femme inconnue, dans une famille alsacienne, catholique pratiquante, famille de résistants, famille de 9 enfants,

1942 à 1945, sans aucune nouvelle de Maman, cachée à St Nizier, dans la Loire, près de Roanne, sans aucune nouvelle de mon père….

Juin 1997, obtention de la Médaille des Justes par Yad Vashem Jérusalem à Louise Osterberger, remise de la Médaille à la synagogue de Dijon, par le Ministre plénipotentiaire de l’Ambassade d’Israël à Paris à Suzanne Osterberger, sa fille, qui avait accepté, sans état d’âme, le « service » que lui demandait un ami de Maman.

19 janvier 2007, reconnaissance officielle des Justes de France. Très belle cérémonie, très beaux discours de Mme Simone Veil et de Mr Jacques Chirac.

Alors, pourquoi cet étrange malaise ?

Tout simplement, parce qu'à aucun moment il n’a été mentionné que c’est l’Etat d’Israél qui décerne cette Médaille des Justes,

Tout simplement, parce que c’est Yad Vashem, à Jérusalem, en Israël, qui a créé, il y a il y a plus de 20 ans ,une commission pour la reconnaissance des Justes qui ont sauvé des juifs d’une mort atroce, pendant cette noire période, au péril de leurs vies.

Tout simplement, parce que la plaque apposée au Panthéon, par le président de la République Française, Mr Jacques Chirac, ne fait aucune mention de l’origine israélienne de cette « reconnaissance ».

La France est le 1er pays en Europe à reconnaître ses « Justes ». Qu’il lui en soit rendu hommage !

La France est aussi, avec tous les pays d’Europe, étrangement réticente, à ne pas reconnaître, à ne pas dénoncer, les appels à la destruction d’Israël, à son « effacement de la carte du monde », par un pays faisant partie de l’ONU….

Effrayant malaise en vérité !

Jacqueline Schochat-Rebibo © Primo, Jérusalem, Israël

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Publié dans ANTISEMITISME

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