ISRAEL CONTRE LE SIDA
Un groupe de médecins éthiopiens et de professionnels des services médicaux se trouvaient récemment en Israël pour apprendre les techniques développées par les médecins israéliens pour traiter les malades atteints de SIDA en Israël
Lapproche multidisciplinaire développée par Dr Shlomo Maayan, directeur du Centre anti-SIDA de lHôpital Hadassa, fournit aux malades atteints du SIDA une équipe de professionnels des services médicaux, travaillant tous ensemble en vue dassurer que les malades se présentent aux consultations cliniques et suivent bien les traitements médicamenteux chez eux. Cest le quatrième groupe de professionnels médicaux éthiopiens visitant Israël et ils formeront à leur tour des groupes de médecins et dinfirmières en Ethiopie.
Un groupe de médecins et dinfirmières se trouvaient récemment en Israël, apprenant des techniques de traitement pour le SIDA en vue de les ramener en Ethiopie pour combattre le VIH, virus du SIDA.
Les huit médecins éthiopiens et les deux infirmières ont passé deux semaines en Israël, travaillant en contact étroit avec des équipes de médecins du Centre anti-SIDA de lHôpital Hadassa et du Laboratoire de Virologie de lHôpital Tel Hachomer, connus collectivement sous le nom de Centre Israélien de Médecine du SIDA (ICAM). Ils ont participe aux visites des médecins, aux réunions de staff des équipes médicales et ont observé les analyses les plus récentes de laboratoires qui font partie du suivi de routine des soins aux malades du SIDA en Israël.
Le programme est organisé en vue de former les professionnels des services médicaux éthiopiens aux techniques développées par les médecins israéliens depuis plus dune décennie, pour soigner les malades du SIDA en Israël.
Selon Dr Shlomo Maayan, lexpérience et la méthodologie israéliennes sont particulièrement appropriées à lEthiopie, étant donné que beaucoup des personnes atteintes du SIDA en Israël sont dorigine éthiopienne.
«Les immigrants éthiopiens sont de loin le plus grand groupe de porteurs de SIDA en Israël. Nous avons une expérience à long terme dune communauté très semblable à celle quils ont en Ethiopie » a dit le Dr Maayan.
Cette expérience peut être dune grande importance pour lEthiopie car, tandis quIsraël et lOccident ont eu quinze ans pour développer des techniques accompagnant les médicaments anti-rétrovirus utilisés pour traiter le VIH du SIDA, lEthiopie, comme dautres pays de lAfrique sub-saharienne, nobtient que maintenant seulement ces médicaments.
Ce programme sétalant sur 5 ans et de 15 milliards de dollars, a pour but de réduire lexpansion du virus du SIDA et daméliorer laccès au traitement de la maladie pour des millions de personnes qui en souffrent, en Afrique, en Asie et dans les Caraïbes. On espérait que lEthiopie, un des 15 pays ou ce plan est mis en place, recevrait plus de 100 millions de dollars en 2006, la plus grande partie de cet argent allant à lachat et la distribution des médicaments anti-rétrovirus.
«Voyez-vous, les médicaments arrivèrent presque de suite en Ethiopie, une fois que le problème de largent fut résolu» explique Dr Maayan, qui a travaillé en Ethiopie ces dix dernières années. «La question était : comment construisez-vous une infrastructure ? Dans un pays qui a un quart de million de malades du SIDA pouvant nécessiter le traitement et quatre à cinq millions de porteurs de VIH, comment obtenez-vous linfrastructure en vue de commencer à traiter ces malades? »
Le modèle que les médecins israéliens enseignent est celui quils appellent «une approche multidisciplinaire». Dans cette méthode, les malades du SIDA sont traités par une équipe de médecins, dinfirmières et daide-soignants, travaillant ensemble pour sassurer que non seulement les malades arrivent aux consultations cliniques, mais également suivent leur régime médical à la maison.
Cette approche, dit Dr Maayan, a surgi après de nombreuses années dexpérience avec un grand nombre de malades éthiopiens qui allèrent mieux grâce à ce genre de travail déquipe.
«Nous impliquons tous les professionnels médicaux dans le traitement du SIDA» explique-t-il, «car nous croyons que le SIDA est une maladie tellement complexe que ce nest pas laffaire dun essai thérapeutique. Pour cette raison, médecins, infirmières, dirigeants et psychologues travaillent main dans la main sur les cas, apprenant tout ce qui concerne les malades et la meilleure façon de les traiter à long terme. »
«Nous parlons les uns avec les autres et abordons aussi bien les aspects médicaux que psychologiques du SIDA, ce qui est au moins aussi important que de donner des médicaments. »
Le Dr Maayan développe lidée suivante: «Il y a des difficultés éprouvées par les malades quand ils prennent ces médicaments pendant si longtemps. Après tout, ce nest pas de laspirine, ce ne sont pas des antibiotiques, cest un traitement quil faut prendre très sérieusement car cest un traitement pour toute la vie. Et dans toute une vie, il y a des problèmes de suivi, des problèmes de compréhension de ce que sont la maladie, des effets secondaires, concernant les médicaments et le contrôle des médicaments. »
Au cours des années, la communauté médicale israélienne a appris des leçons cruciales sur les aspects sociaux du traitement pourquoi les gens prennent ou ne prennent pas les médicaments, comment convaincre une personne de ne pas contaminer son époux/épouse. «Tous ces éléments sont extrêmement pertinents en ce qui concerne lEthiopie aujourdhui» continue le Dr Maayan.
Dr Mekonnen Tadessse, un médecin en visite de la région de lAfar, dEthiopie, est daccord. Il croit que la chose la plus significative de ce quil a appris en Israël est limportance du suivi dun cas.
Les assistantes sociales améliorent énormément le niveau du traitement, dit-il, «car ils connaissent non seulement les points de vue médicaux des malades, mais également les aspects sociaux, ce qui est très important. Ils savent quels sont leurs problèmes autres que les problèmes médicaux dont les malades se plaignent. »
Le Dr Tadesse reconnaît que lui et ses collègues ont à faire face à dénormes défis en transposant ce quils ont appris en Israël vers lEthiopie où la fréquence du SIDA peut atteindre 12% dans les régions urbaines, et il semblerait que des millions de patients sont infectés par le virus.
«en Israël, il y a un très petit nombre de malades (et un grand nombre de médecins) et en Ethiopie, ceci est notre plus grand problème» explique le Dr Tadesse. «Nous avons un déficit de professionnels de santé, nous transigeons sur les examens de laboratoire cest donc un cadre différent. »
On estime le nombre de médecins en Ethiopie à 2.500, dans un pays de plus de 70 millions dhabitants. Cependant, dit-il, ce programme est «très précieux, très important. »
«Nous avons beaucoup de choses à prendre en Ethiopie car nous avons aussi des professionnels, alors comment ces professionnels peuvent-ils être impliqués dans les soins ? Ceci est la première question que nous nous posons » dit-il. «Avec les ressources limitées que nous avons, comment pouvons-nous donner les meilleurs soins à nos malades? »
Ceci est le quatrième groupe de professionnels de soins médicaux éthiopiens qui visitent Israël. Ils ont été formés ici, et formeront à leur tour des groupes de médecins et infirmières en Ethiopie.
Le Dr Maayan croit que ce programme de formation aura un impact significatif sur lavenir des soins au SIDA en Ethiopie. «Les stagiaires apprennent que lapproche de léquipe à la gestion du SIDA est essentielle et indispensable si nous voulons atteindre un succès dans lambitieux programme éthiopien orienté vers la distribution des médicaments anti-rétrovirus à des centaines et des milliers de victimes du SIDA en Ethiopie» dit-il.
«Les médecins et les infirmières arrivent de toute lEthiopie, ils sont tous impliqués dans le traitement des malades du SIDA au sein dénormes cliniques, avec 1.000 malades dans une clinique pour un médecin. Il est donc évident quil est impossible de traiter de tels malades de manière effective. »
«Mais dans notre petit exemple nous leur montrons essentiellement comment le traitement devrait être organisé pour cette maladie chronique» souligne-t-il. «Et je peux tout au moins dire que notre exemple est bon. Je ne sais pas si cest le meilleur au monde, mais, entre nos mains, il fonctionne. »
Par Laura Wiessen
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http://www.usaid.gov/our_work/global_health/aids/pepfarfact.html
| Article rédigé par Y.B - Source : http://www.hadassah.org.il/Englis |