Durban 2 sans les USA de Barak Obama
Après le Canada et Israël, qui ont annoncé leur volonté de ne pas participer à cette mascarade, la participation des Etats Unis à Durban 2 est de plus en plus incertaine.
« Les Etats-Unis ne participeront pas à la Conférence "Durban II" de l'ONU sur le racisme, qui doit se tenir fin avril à Genève », a indiqué un responsable du département d'Etat sous le couvert de l'anonymat. Présents lors des réunions préparatoires, il semble que les USA n’aient pas obtenu assez de garanties sur le contenu et les thèmes de la conférence.
"Nous ne nous engagerons pas plus avant dans le processus de Durban II", a déclaré à l'AFP ce haut responsable.
Pourtant, il y a quelques jours, la nouvelle administration américaine semblait bel et bien décidée à reconsidérer ses positions. Une petite révolution de palais, puisque l’équipe Obama semblait ne plus exclure de rentrer dans le nouveau Conseil des Droits de l’Homme.
Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu.
Principaux points d’achoppement : l’Organisation de la conférence islamique défend mordicus le concept de diffamation des religions dont les occidentaux ne veulent pas entendre parler.
Le texte proposé par les pays musulmans limite ce qu'ils décrivent comme la diffamation des religions, mais les pays occidentaux ont exprimé leur difficulté à accepter en raison de « l'impact négatif potentiel sur la liberté d'expression ».
C’est le moins que l’on puisse dire !
Le programme de cette conférence fait la part belle, si l’on peut dire, au conflit israélo-palestinien en critiquant, comme prévu, le sionisme, la politique d’Israël et tout ce qui déplait souverainement aux pays arabes.
Lesquels ne peuvent pas dire leur haine des Juifs dans une conférence contre le racisme. Ce serait trop voyant. La solution est de délégitimer la démocratie israélienne et l’existence même de ce pays.
La Conférence "Durban II" sur le racisme doit se dérouler du 20 au 24 avril au Palais des Nations à Genève. Elle doit assurer le suivi de celle qui s'était déroulée en 2001 dans la ville sud-africaine et qui s'était terminée dans la confusion et sur des accusations d'antisémitisme.
Au cours de ce colloque en 2001, les insultes antisémites, notamment relayées et organisées par la Ligue arabe et quelques partis politiques européens, avaient provoqué le départ des délégations américaine et israélienne.
Paniqué, le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a appelé les Etats membres de l'ONU à dépasser leurs différences et d'unir les efforts pour affronter le racisme et la xénophobie. Plus prosaïquement, elle tente de sauver sa conférence, décrédibilisée à l’avance par l’absence de pays comme le Canada, Israël et maintenant les USA.
Seulement, la proposition de texte final contient une critique d’Israël ainsi qu’un appel à réparation pour les peuples ayant souffert de l’esclavage.
Comme chacun le sait, nul racisme n’existe dans les pays musulmans. De même, les arabo-musulmans ne se sont rendus coupable d’aucun crime lié à l’esclavage. Lorsque le commerce triangulaire faisait la fortune d’armateurs européens, les envahisseurs arabes en Afrique ne pratiquaient pas les razzias afin d’approvisionner ce commerce.
De la même manière, chacun le sait également, les arabes n’ont pas envahi le Maghreb et l’Afrique noire pour la dépouiller de sa jeunesse emmenée en esclavage dans les pays arabes.
Chacun le sait.
Miss Pillay affirme, contre toute évidence, que « nous avons besoin de travailler ensemble en toute bonne foi, avec un esprit ouvert et constructif »
L’ouverture appelée de ses vœux n’a semble-t-il pas été à l’ordre du jour. Les USA bouderont certainement, à moins d’une contorsion de dernière minute, les débats de cette assemblée.
La France, pour l’instant, ne semble pas avoir de position tranchée. Il faut dire que c’est en avril et que Genève est fort jolie au sortir de l’hiver.
© Primo, 28 février 2009