Manifester pour promouvoir une idéologie
Depuis quelques jours au Proche Orient tonne le canon et dans les rues de Paris de République aux beaux quartiers, roule la « manif ».
La cause est chaude, et tellement porteuse !
A Paris, manifestation de soutien contre l’agresseur israélien dont les populations civiles du sud vivent sous les bombes depuis huit ans dans une indifférence internationale déconcertante.
Après le passage de la "manif"
Pour faire bonne mesure, au nom de l’équilibre des droits d’expression, manifestation en faveur du Hamas agressé, victime particulièrement bien équipée de roquettes par l’Iran.
Ces dernières ont la fâcheuse habitude de passer à toute heure par-dessus la frontière de Gaza, pour tomber sur le nez des civils israéliens.
L’approvisionnement militaire de ces pauvres victimes-termites transite par un millier de tunnels à la frontière égyptienne. Selon les médias et l’heure du journal, ces tunnels ne servent qu’à fournir carburant et nourriture à des civils abandonnés de tous.
Les roquettes, il est vrai, n’y passent qu’en pièces détachées. Comment les distinguer d’indispensables pièces automobiles ?
Nous avons suivi ces différentes manifestations.
Les constats que nous avons pu en faire suscitent quelques questions et interrogations.
Samedi 3 janvier, de République au Quai d’Orsay, la manifestation de colère contre Israël est annoncée à grand bruit manifestation dite de soutien aux Palestiniens.
Permettez de relever l’erreur mon général ! Israël n’est pas en guerre contre les palestiniens, mais contre le Hamas mouvement terroriste reconnu comme tel par les instances européennes.
Samedi donc; place de la République, c’est le point de départ de ce rassemblement. Une habitante du quartier habituée aux manifestations, est aux premières loges. Son récit est édifiant
« La manifestation pro-palestinienne s’est rassemblée à 15 heures, place de la République. La place côté grands boulevard était pleine. Un véritable déferlement. Avancée des manifestants en rangs très serrés. Nombreux sur la chaussée et les trottoirs ; keffieh de mise pour presque tout le monde, et un certain nombre de femmes en tenue islamiques.
Cris de haine contre Israël qui "tue des enfants, affament les palestiniens". Cris de soutien à la résistance.
Slogans hurlés : "A bas Sarkozy, Moubarak, les médias".
Beaucoup de cris. Une foule vraiment haineuse et effrayante. La plupart des manifestants étaient jeunes ; des groupes priaient sur les trottoirs.
Des mégaphones assourdissants hurlaient des phrases et des mots en arabe repris par la foule avec les doigts pointés. Un drapeau brûlé, le mannequin d’un enfant ensanglanté. C’était absolument terrifiant. »
Cette manifestation, nous l’avons suivie à un autre moment de son parcours. Boulevard Hausmann, un 3 janvier, les retardataires font leurs derniers achats de cadeaux. Derniers jours de frivolité festive quand la marée humaine hurlante et désordonnée déferle tel un tsunami de terreur.
La panique est totale tant l’évènement est inattendu. Les policiers sont vite débordés et bousculés sans ménagements par des éléments incontrôlables, que les médias auront vite fait d’appeler les jeunes ou mieux les casseurs infiltrés.
Les vitrines volent en éclats, des voitures partent en flammes, les policiers retiennent les promeneurs à l’intérieur des Grands magasins. C’est un inoubliable moment de terreur.
Mais non, vous plaisantez : ce n’est que la manifestation qui passe !
Imperturbables, en tête de ce cortège, personnalités politiques et élus n’ont rien vu, rien entendu. Au journal, le soir, on les entend répondre calmement aux journalistes : Ce fut une belle manif qui a mobilisé des foules.
Mobiliser les foules, n’est ce pas le but des manifestations ?
Mais le but réel d’une manif, n’est-il pas de m’instruire de m’informer voire de m’enrôler dans un combat idéologique ?
Alors toute cette haine, cette volonté de mort, cette violence morbide, quelle était son but réel : me sensibiliser au problème du Hamas ou me terroriser par les méthodes de ce même Hamas ?
Me terroriser pour me tétaniser ? Je pose la question.
Y a-t-il un politique dans la salle qui puisse m’affranchir ?