LETTRE OUVERTE AUX ELECTEURS DU GRF - morale aux moralistes

Publié le par C.D.E.C.

Moshé Cohen Sabban

4, rue Andromède

95350 Saint-Brice/Forêt

m.cohen.sa@gmail.com

 




Mesdames, Messieurs,

 

Comme nombre d'entre vous, j'ai été choqué par certaines attaques pernicieuses qui ont été lancées au cours de la campagne pour l'élection du Grand Rabbin de France :

  • Le pamphlet qui dénigre l'ouvrage coécrit par le Grand-Rabbin Bernheim et le Cardinal Barbarin est digne des méthodes qui avaient cours au Moyen-âge quand l'Inquisition accusait les marranes de «judaïser» en secret. Aujourd'hui c'est un grand-rabbin orthodoxe qu'on accuse de «christianiser» en secret au seul motif qu'il s'investit avec intelligence et brio dans le dialogue interreligieux.
  • Le montage vidéo truqué mis en ligne sur Internet procède de la plus vile technique de propagande.
  • Quant à la lettre de soutien du grand-rabbin d'Israël en faveur de son ami Joseph Sitruk, elle constitue un témoignage des plus douteux dans la mesure où son auteur porte allusivement des accusations totalement infondées et, de toute évidence, prend parti dans le débat électoral d'une communauté dont il ne connaît qu'une de ses faces.

Si j'ai décidé de prendre la plume aujourd'hui, c'est parce que je ne peux m'empêcher de faire un rapprochement direct entre le témoignage actuel du Grand-Rabbin Amar et celui, tout aussi suspect, effectué en 2006 par le Grand-Rabbin Sitruk pour voler au secours de son ami Joël Mergui dont l'élection à la présidence de l'ACIP était vivement contestée. Ce faisant il a pris le risque inconsidéré de sortir de son rôle d'arbitre impartial, garant de la paix communautaire.

Par souci de discrétion, et pour ne pas porter atteinte publiquement à la notoriété de cette haute personnalité, tous les requérants, dont moi-même, se sont refusés, depuis deux ans, à communiquer sur le scandale des recours, bien que notre dossier fût accablant et qu'une décision de justice soit venue enfin confirmer la validité de nos griefs. Mais quand l'histoire se répète à ce point, alors trop c'est trop !

 

La Justice sanctionne les irrégularités commises par des responsables communautaires !

 

Les dernières élections au Consistoire de Paris, qui s'étaient tenues le 27 novembre 2005, avaient fait l'objet de contestations par 13 candidats : le 13 décembre 2005 devant le Conseil de l'ACIP, puis le 3 janvier 2006 devant le Conseil du Consistoire Central.

Ces recours ont été rejetés par ces deux institutions qui n'ont même pas pris la peine de les examiner sérieusement et ce au mépris des règles de droit les plus élémentaires : à titre d'exemple M. Mergui et ses colistiers étaient présents, dans les deux instances d'arbitrage (ACIP et Central) donc juges et parties, alors que les requérants en étaient, tenus à l'écart, et donc empêchés de plaider leur cause.

 

Choqués par ce déni de justice et le non-respect du principe du contradictoire, les plaignants ont alors :

-    sollicité par fax et lettre RAR l'intervention du Grand-Rabbin de France qui n'a pas daigné répondre,

-    demandé la tenue d'un DIN-Thora, demande restée également sans réponse,

-    supplié le Grand-Rabbin, le 2 01 2006, d'assurer une médiation auprès de J.Mergui, ce qu'il a refusé,

-    alerté M. Joseph Sitruk (5 lettres de personnalités différentes) sur le caractère erroné de son attestation du 12 juin 2006 (produite devant le TGI), sans la moindre réponse de sa part.

.../...

 

Deux des plaignants se sont vus contraints, pour faire entendre leurs contestations, de saisir le Tribunal de Grande Instance de Paris. Dans leur sagesse les juges n'ont sans doute pas voulu, comme chaque fois en pareil cas, déstabiliser une grande institution. Dans leur jugement du 13 novembre 2007, ils ont estimé que les griefs n'étaient pas suffisamment établis pour entraîner une annulation des élections. Cependant ils ont jugé la demande des plaignants recevable au motif que :

« ...le Consistoire de Paris n'a pas examiné avec suffisamment de sérieux et d'objectivité, au terme de vérifications réelles, les recours de Mme Lahmi et de M. Cohen Sabban qui ont été privés du droit de faire valoir leurs arguments ou d'être entendus avant que ne leur soit notifiée une décision reposant sur un minimum de motivation, ce qui n'a pas été le cas en l'espèce ;

Attendu, concernant la décision du Consistoire Central du 3 janvier 2006, qu'il ressort des pièces produites que les membres de ce Conseil ont été convoqués dans la précipitation, le 2 janvier 2006, pour une réunion exceptionnelle le 3 janvier à 12h sur un ordre du jour (« Rapport sur les élections du Consistoire de Paris ») ne mentionnant pas précisément l'examen des recours dirigés contre les élections du 27 novembre 2005 ;

Qu'à supposer atteint le quorum nécessaire pour statuer sur les contestations formalisées, le Consistoire Central a rendu une décision dépourvue de toute motivation, au terme d'une procédure et d'une audience au cours desquelles ni le contenu de l'article 26 de ses statuts, ni le principe fondamental du contradictoire n'ont été respectés.

Attendu, dès lors, que les demandeurs sont fondés à solliciter l'annulation des délibérations prises le 29 novembre 2005, par le Consistoire de Paris, et le 3 janvier 2006, par le Consistoire Central, en ce qu'elles se rapportent à l'élection du 27 novembre 2005. (.../...) ».

Le Tribunal n'a donc pas suivi sur ce point M. Joël MERGUI et le Consistoire de Paris qui prétendaient que les débats devant le Consistoire Central avaient été réguliers et qui produisaient à l'appui une attestation en ce sens qui leur avait été fournie par le Grand-Rabbin Joseph SITRUK. Ce dernier, qui est sorti de son rôle d'arbitre, a été démenti par le Tribunal. N'avoir jamais été reçu, n'avoir jamais été entendu, n'avoir jamais eu de réponse à tous mes courriers, autorisait-il le Grand Rabbin que se devait de garantir l'équité (Tsedek Tsedek Tirdof) d'affirmer que tout s'était déroulé régulièrement ?

Certains de nos responsables communautaires n'ont donc pas hésité à bafouer :

-          les statuts du Consistoire Central qui prévoient pourtant le respect du principe du contradictoire,

-          les principes généraux du droit applicables dans la législation française,

-          et, surtout, des principes fondamentaux de notre Thora qui impose que Justice soit rendue en toute indépendance et qu'aucun témoignage ne soit produit à la légère, sans enquête préalable approfondie et au mépris des faits les plus évidents.

Pour mémoire vous trouverez ci-joint extrait du jugement du 13 11 2007 ainsi que l'attestation précitée.

Il est grand temps pour certains de nos dirigeants, laïcs et religieux, de mettre leurs méthodes de gouvernance en conformité avec le Droit et la Morale, et que le fonctionnement de nos institutions soit enfin réglé par l'éthique juive inspirée de la Thora pour que soit mis fin aux pratiques de « copinage » et aux agissements politiciens qui gangrènent des pans entiers de la représentation communautaire.

Bien sûr on m'accusera, à quelques jours des élections, de vouloir porter atteinte aux candidatures visées par ce courrier. Il n'en est rien, je sais pertinemment que les électeurs n'ont nul besoin de ce type de prêche pour se faire une opinion. Mon but est autre : Deux ans et demi après les faits, j'attends de nos institutions, - qui s'enlisent dans une crise morale - qu'elles trouvent suffisamment de ressources en elles-mêmes pour ouvrir une espérance nouvelle, qu'il vous appartiendra d'initier. Je sais quant à moi ce à quoi je m'expose, témoigner et dire des vérités vous le verrez très vite cela a un coût. Mais se taire est déjà un faux témoignage.

Avec mon plus cordial Chalom.

Moshé Cohen Sabban

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D
Date : 18 juin 2008 16:16 Objet : ElectionsÀ : m.cohen.s@cegetel.net<br /> <br /> Monsieur,<br />  <br /> J'ai bien reçu votre courrier .<br /> Sachez que j'ai représenté une des<br /> plus petites communautés de notre pays depuis quarante ans  et que j'ai<br /> assisté à diverses assemblées générales du C.C. et aux scrutins<br /> successuifs pour la désignation du Grand Rabbin de France et du<br /> Président du Consitoire Central. - Je n'ai pas le souvenir  qu'une<br /> seule de ces réunions   se soit déroulée dans la dignité : conflits de<br /> personnes,mauvaise foi, lachon ara'......véritable foire d'empoigne .<br /> C'est sur une profonde déception  et<br /> avec le sentiment que les petites communautés n'intéressent personne <br /> que je me promettais  de  ne plus me déplacer dans la capitale ,n'ayant<br /> par ailleurs aucun goût pour les buffets dispendieux.........<br /> Le discours rabbinique de campagne  a,<br /> tous les sept ans, clamé que les "petites" communautés  seraient<br /> aidées  ...........Du vent !!!!!!<br />  <br /> Mais il y a des circonstances bien plus graves  que nous déplorons au jourd'huit  auitour de la prochaine élection du G.R.F.<br /> La campagne menée contre le Rav<br /> BERNHEIM  est ignoble .Il y a là des méthodes maffieuses qui<br /> discréditent leur ou leurs auteurs ,mais en tout cas indignes à ce<br /> niveau.(et ne les porteront pas au zénith)<br />  <br /> Tous ces coups bas ,y compris les<br /> problèmes communautaires que vous évoquez  à PARIS mis sur la place<br /> publique , ne concourrent pas à une image particulièrement  reluisante<br /> de notre communauté et de ses  dirigeants nationaux.<br /> .<br />  <br /> Je vous adresse mon cordial shalom <br />  <br /> Robert DAHAN<br /> .<br />
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