Des négociations israélo-syriennes ? Pas sans la Russie

Publié le par AROUTZ 7 par Yael Ancri


poutine.jpgD’après le Jerusalem Post, la Russie souhaite « faciliter » les négociations entre Israël et la Syrie. Moscou se charge ces derniers mois de transmettre les messages de Damas à Jérusalem.
 
D’après d’importants responsables de la diplomatie israélienne, la Russie considère qu’en s’impliquant sur ce terrain, elle renforcerait son influence dans la région.
 
Ces derniers mois, la Turquie a également joué un rôle dans la médiation entre Israël et la Syrie. Mais, alors que les Turcs sont considérés comme ayant de meilleurs contacts personnels avec les Syriens, les Russes – du fait de leurs ventes d’armes à la Syrie et de leur statut de grande puissance mondiale – sont pour leur part vus comme ayant beaucoup plus d’influence sur Damas.
 
Les responsables israéliens, ont indiqué que Moscou était, par exemple, largement responsable de la participation de la Syrie à la conférence de pays internationale qui s’est tenue à Annapolis le mois dernier.
 
D’après des estimations israéliennes, les Russes sont préoccupés par l’axe du mal Iran-Syrie-Hamas-Hezbollah, qui a créé une cause commune entre les extrémistes chiites et sunnites et qui pourrait potentiellement constituer une sérieuse menace pour la Russie du sud.  
 
Aussi, Moscou est arrivé à la conclusion que l’une des façons de prendre la situation en mains est de convaincre la Syrie à sortir de l’orbite iranienne, ce qui semble pouvoir être obtenu par l’intermédiaire d’un accord de paix entre la Syrie et Israël.
 
Ceci explique pourquoi la Russie est de plus en plus intéressée à faciliter le dialogue entre Jérusalem et Damas.
 
Cependant, la Russie a renoncé à l’idée de réunir à Moscou une conférence de paix internationale qui ne serait pas limitée à la question israélo-palestinienne, mais aborderait également des négociations entre la Syrie et Israël.
 
D’après les responsables israéliens, cités par le Jerusalem Post, les Russes pensent plutôt à organiser une plus petite réunion au printemps prochain.
 
Bien qu’Israël n’ait encore reçu aucune information officielle sur la question, on estime actuellement que le Kremlin souhaite réunir une conférence « d’experts techniques », c’est-à-dire d’importants responsables des diplomaties israéliennes et syriennes pour discuter d’un éventuel accord.
 
L’idée générale semble être d’inviter Israël, les Palestiniens, les membres du Quartette pour le Proche-Orient –Etats-Unis, Europe, Russie et Nations unies – et probablement des représentants de la Ligue arabe.
 
Les responsables israéliens ont expliqué que pour l’instant tout le monde attendait de voir comment les choses avançaient sur le plan des négociations bilatérales entre Israël et les Palestiniens, avant de prendre position sur la question.
 
Même si Israël a fait clairement savoir qu’il n’était pas nécessaire d’organiser d’autres réunions internationales en ce moment, Jérusalem n’a pas rejeté officiellement la proposition des Russes, pour la bonne raison que ces derniers n’ont pas encore fait de proposition officielle.
 
Les Russes veulent d’abord évaluer les réactions à une telle réunion, avant de proposer quoi que ce soit officiellement et Israël – d’après les responsables – attend pour sa par part de voir ce que comprend la proposition et quelles sont les positions des Etats-Unis et de l’Europe avant d’accepter ou de rejeter ce que Moscou a à proposer.
 
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a récemment affirmé que la réunion avait encore besoin d’être coordonnée et que cela dépendrait des progrès dans les pourparlers israélo-palestiniens.
 
D’après les responsables israéliens, les Russes considèrent une telle conférence comme une autre façon d’accroître leur implication dans la région. De plus, il semblerait que la Russie souhaite faire dépendre la question des sanctions contre l’Iran de l’acceptation américaine et israélienne de la conférence.
 
Une troisième série de sanctions contre l’Iran devrait en effet être adoptée par le Conseil de sécurité de l’Onu le mois prochain, mais la Russie ne serait prête à soutenir que quelques mesures « édulcorées ». Si Israël et les Etats-Unis sont intéressés à renforcer les sanctions, la Russie continue en effet à considérer qu’elles seraient au contraire néfastes.
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Publié dans ACTUALITE

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