Edmond Safra - portrait

Edmond Safra
par Aline Sultan
jeudi 20 décembre 2007 - 11:22
Edmond Safra, brésilien naturalisé, était un banquier juif d’origine libanaise qui a poursuivi la tradition familiale dans le domaine financier au Liban, au Brésil, en Suisse, puis dans le monde entier. Edmond Safra fonda et dirigea de nombreux fonds de charité et de soutien à l’éducation en Israël et dans le monde entier. En Israël, nombreux sont les sites et les institutions qui portent son nom. Ce milliardaire a été assassiné en 1999 à Monaco, dans des circonstances mystérieuses.
Dès le début du 20ème siècle, Jacob Safra entre dans les affaires. Ses investissements s’étendent progressivement en Syrie, au Liban et en Turquie. Il est considéré comme le fondateur de la dynastie des banquiers de la famille Safra.
Son fils Edmond Safra, naît le 6 août 1932 à Beyrouth. Dès l’âge de 16 ans, il intègre les affaires familiales et travaille tout d’abord dans la banque de son père. Par la suite, il prend la charge du département du commerce de l’or et des métaux précieux.
En 1949, la famille Safra s’installe en Italie, fuyant les persécutions antisémites quis e répandirent à Beyrouth, à la suite de la création de l’Etat d'Israël en 1948. Edmond Safra travaille pour une société de commerce de Milan.
En 1952, la famille émigre au Brésil où Jacob et Edmond Safra fondent la première banque brésilienne. Avec plus de 100 succursales au Brésil, le «groupe Safra» est aujourd'hui très actif au sein d’importantes sociétés financières telles que Banco Safra en Afrique du Sud, la Banque Safra au Luxembourg, la Banque nationale Safra de New York, la Banque Jacob Safra en Suisse, etc.
En 1956, Edmond Safra s’installe à Genève où il fonde une banque privée, la Trade Development Bank (la Banque de développement du commerce), dont les bénéfices sont passés de 1 milliard de dollars à 5 milliards de dollars au cours des années 1980. A Genève, il trouve un climat d'affaires favorable qui lui permet d’étendre son empire financier. Un de ses secrets est sa capacité à lier des relations personnelles et à prêter attention à ses clients fortunés de Monté Carlo à Miami.
En 1966, Safra fonde à New York la Banque nationale de la République de New York et par la suite, il ouvre des succursales de cette banque à Genève. Dans les années 1980, cette banque avait déjà ouvert 80 succursales à New York et dans ses environs, ce qui en fait le numéro trois du réseau d’agences de la région métropolitaine, derrière Citigroup et Chase Manhattan.
En 1983, Edmond Safra fait parler de lui lors de la vente de la Trade Development Bank au groupe American Express pour plus de 450 millions de dollars, opération qui s'est transformée en une bataille juridique entre les deux parties qui fut finalement gagnée par Edmond Safra, qui remportera également des dommages et intérêts de l’American Express.
Edmond Safra était un Juif croyant et généreux et, comme l’ensemble de la famille, il offrit des postes importants à des Juifs et à des Israéliens. Toutefois, pendant longtemps, il évita d’investir dans des sociétés israéliennes, essentiellement à cause de ses relations avec des Arabes richissimes qui craignaient qu’il ne coupe les ponts avec eux. C’est dans les années 1980, qu’Edmond Safra réalisa sa première affaire en Israël, lorsqu’il fit l’acquisition de la Bank Benleoumi Harishon d’Israël (Première Banque Internationale d’Israël) à la suite de la faillite de ses propriétaires. Il fit cette acquisition par l’intermédiaire de son oncle et au départ, elle fut gardée secrète. Ce n’est que quelques années plus tard, qu’il racheta personnellement les actions et que cet achat fut officialisé. Par la suite, le Groupe Safra fit d’autres investissements en Israël, entre autres dans la société Granit, dans les tunnels du Carmel, dans la société Celcom…etc. A l’heure actuelle, après avoir vendu toutes ses affaires en Israël, la famille Safra n’est plus du tout mêlée aux affaires commerciales du pays.
Bien qu’il n’ait pas beaucoup investi en Israël, d’une manière ou d’une autre, Edmond Safra a toujours pris part à la vie du Peuple et de l’Etat d’Israël. Il a fondé plusieurs fonds d’assistance aux démunis, de distributions de bourses d’études aux défavorisés…, etc. Ses actions charitables se sont essentiellement tournées vers les communautés séfarades du pays. Le judaïsme séfarade lui était très cher, étant donné ses racines séfarades. Il entretint des relations très étroites avec le Rav Ovadia Yossef pour lequel il avait beaucoup de considération.
Au début des années 1990, la fortune d’Edmond Safra est estimée à 2,5 milliards de dollars. Il passe sa vie entre Genève, New York et la Côte d’azur. Dans les années 1990, il étend ses activités philanthropiques à divers organismes de bienfaisance et effectue beaucoup de donations à des hôpitaux, des écoles et des universités juives de par le monde. Edmond Safra investit beaucoup de temps et d’argent dans les communautés juives séfarades du monde.
Le 3 décembre 1999, Edmond Safra est assassiné dans sa résidence de Monaco. Ted Maher, un de ses serviteurs privés, avoua avoir incendié la demeure dans l’intention de faire croire qu’il avait tenté de sauver Safra du brasier et de passer pour un héros, pensant qu’il serait récompensé pour son «acte de bravoure» Compte tenu de la vie exceptionnelle d’Edmond Safra et de ses relations et des mesures exceptionnelles de sécurité dont il s’entourait, cette version laissa les gens sceptiques.