Tartuffe: la nouvelle comédie dramatique de la synagogue de Sartrouville

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sfar-levyLes affaires de la communauté juive de Sartrouville ne semblent pas s’arranger. Alors que le Consistoire de Paris ferme toujours les yeux sur ce que la majorité des coreligionnaires souhaitent (une élection d’un nouveau conseil d’administration de la synagogue qui n’a pas eu lieu depuis 20 ans), que la mairie de la ville “ne souhaite pas faire ingérence” mais soutien fortement l’administration en place, et qu’à shabbat, après 25 ans de minyane, celui-ci n’existe plus, une femme qui a participé aux célébrations de Kippour nous a fait parvenir ce texte qu’elle a appelé Tartuffe.

L’histoire rappellera celle que beaucoup de synagogues ont vécu dans les années 80… Oui mais là, l’histoire se joue en direct et aucune autorité ne semble vouloir éviter la catastrophe: malgré la construction d’un nouveau lieu de prière, celui-ci ne devrait plus avoir de raison d’être d’ici peu, si un changement d’administration ne s’opère pas. Le peuple gronde, et il préfère désormais aller prier en train dans le cœur de Paris que de faire le trajet à pied jusqu’au temple le plus proche…

Photo de l'ancienne synagogue de Sartrouville. A droite le Président actuel, à gauche l'ancien rabbin.

TARTUFFE

A tous ceux qui n’étaient pas présents au spectacle pathétique, tragique et comique  mais aussi  inédit (« C’est moi le chef ») auquel nous avons assisté lors des célébrations de Yom Kippour à la synagogue de Sartrouville (Yvelines), voici une interprétation forcément subjective (certains diraient malveillante) de ce que j’ai perçu. Les rôles attribués par le scénariste et metteur en scène étaient  les suivants :

Rôle principal :

Bienaimé (scénariste et metteur en scène) : tirade sur un ton incisif, sur le thème de la revanche avec pour maître mot (qui sera je pense le mot de sa nouvelle campagne offensive) : ENVIEUX (ne comprendront que ceux qui ont eu la chance d’avoir déjà entendu cela quelques jours auparavant). Puis petite pommade au bienvenue politique par le choix d’un petit texte en l’honneur de la république (lu par bienvenue religieux). Objectif : Voyez, comment moi je sais y faire : je suis un bon orateur et par-dessus-le marché, je sais aussi trouver les bons textes qui peuvent flatter mes interlocuteurs.

Rôles secondaires mais très précieux attribués aux acteurs suivants :

 

Bienvenue musical : (nouveauté) : chants  (pour donner l’illusion que tout va bien, que ce lieu est vraiment chaleureux) entrecoupés d’injonctions pour remettre un peu d’ordre dans cette jungle (que nous avions tous connue et qui créait une ambiance bonne enfant génératrice de lien social, précieux en ces temps de rupture de liens sociaux), adressées aux hommes (c’est moi qui distribue la relève de la prière à ceux qui voudront bien venir près de moi) et aux femmes (renvoyées au pigeonnier au moment du chofar).

Certaines que je ne connaissais ont  d’ailleurs exprimé leur mécontentement à tel point qu’un certain M. C, situé près de la porte, a lancé sous forme de boutade  aux autres hommes, une phrase qui voulait dire à peu près ceci : les femmes vont faire la révolution.

 

Bienvenue religieux : Longue tirade sur le thème de la CALOMNIE (incompréhensible là aussi pour la majorité du public mais ciblé comme toujours aux récalcitrants. Certains n’ont pas là-aussi, compris le bien-fondé de cette nouveauté surtout un jour où théoriquement, et venant d’un officiant, il faut chercher le shalom). Le ton est aussi agressif quand il a fallu passer aux ENCHERES qui sont jugées insuffisantes. De qui se moque t-on ? Pense t-on à ceux qui n’ont pas les moyens de faire dans la surenchère ? Son arrivée  risque de ne  pas apaiser les frustrations et les mécontentements !

 

Bienvenue politique : Il réitère son soutien encore plus fort à Bienaimé avec comme toujours des éloges sur le passé et son implication  ö combien remarquable. C’est son seul interlocuteur. (ne comprendront ce message que les ennemis de l’intérieur)

Bienvenue convivial : comme chaque année, un buffet est offert donc il faut venir nombreux au second étage pour savourer un buffet « exceptionnel ».

Il faut  faire monter le public donc appel aux bonnes volontés pour que cela se remplisse.

 

Nouveautés et pas des moindres :

-  il y a un ennemi qui vient de l’intérieur, et sait-on jamais, s’il y a un clash, un vigile (pas à l’image de ceux que l’on voit dans les supermarchés) est omniprésent dans le hall (au grand étonnement de certains qui ne comprennent pas qui il est et pourquoi il est là). Jusqu’à présent, la surveillance était à l’extérieur mais comme il y a une volonté de reprise en main, Bienaimé a pensé à tout. Avis à ceux qui oseront bouger, j’ai mon garde du corps. Pathétique !

- Il y a également des Invités qui restent dans leur bulle (pour les femmes venues de Poissy que nous avons observées) pour faire du remplissage (sait-on jamais, si les ennemis de l’intérieur ont préparé un boycottage qui ferait déserter ce tremplin  si précieux pour asseoir le pouvoir de Bienaimé)

 

La boucle est bouclée, lorsque Bienaimé demande à certains ce qu’ils ont pensé de toute cette mise en scène. Il pense qu’il a sans doute fait encore mieux qu’avant mais pour moi, ce n’est qu’un leurre. J’ai entendu quelques mécontentements mais il aurait fallu avoir le bon réflexe de noter leurs coordonnées pour faire un travail d’explication qui je pense aurait été utile.

 

A certains d’entre nous  qui se sont posés la question de l’intérêt d’être présents ce jour-là, je répondrai sans hésiter : Oui, car tant que nous serons là, il ne sera pas tranquille. Nous écoutons et nous pouvons toujours  témoigner de ce que nous avons les uns et les autres entendu ou ressenti. Il sait pertinemment que quoiqu’il fasse, il y aura une garde qui ne le laissera pas en paix et il ne pourra pas continuer à faire comme s’il n’y avait rien.

Provoquer des élections est inutile car au vu des applaudissements qu’il a eus suite à tous les sermons allant dans un même sens (il est le seul à bien faire), il risque de gagner. Continuer à le harceler et pourquoi pas à boycotter les offices (en ayant éventuellement un roulement entre les uns et les autres pour seulement lui mettre encore plus la pression et saisir ce qu’il fait ou dit), faire la grève des dons, relancer les fameux interlocuteurs dont un a fait part de ses éventuelles connaissances, relancer le journaliste (au lieu de faits et documents, pourquoi pas lui poser la question d’une interview avec Bienaimé), poser la question du Talmud : qui l’assure réellement ?… voilà quelques pistes que nous avons les uns et les autres évoquées. Qu’en pensez-vous ?

Publié dans INFO. COMMUNAUTAIRES

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