La sénatrice des Verts Alima Boumediene-Thiery : «honneur de la démocratie?», par Marc Knobel

Publié le par Marc Knobel

boumediene_thiery_alima04063h.jpg13/10/10

 

 

De nombreux journalistes ont assisté ce lundi 11 octobre 2010 à la conférence de presse qui se tenait au Sénat pour informer les médias des poursuites judiciaires liées à la campagne de boycott contre Israël (dite BDS), et plus particulièrement celles qui amèneront Alima Boumediene-Thiery et Omar Slaouti, tête de liste NPA aux dernières élections régionales, à comparaître ce jeudi 14 octobre devant le tribunal de Pontoise (1), rapporte le site Internet d’Europalestine. « Vous êtes l’honneur des démocraties et je suis fier d’être à vos côtés », a déclaré à cette occasion Pascal Durand, délégué général d’Europe Ecologie. « Vous parlez au nom de ceux qui ne peuvent s’exprimer ». « C’est un peu facile de venir dire ‘il ne faut pas céder à la haine et à la violence’, mais comment faire si les Palestiniens sous occupation depuis si longtemps ont le sentiment qu’il n’y a personne à l’extérieur pour défendre le droit ? (2) » Alima Boumediene-Thiery, « honneur de la démocratie » ? Etrange affirmation de Pascal Durand, que nous allons ici nous employer à démonter.

 

Au préalable, nous ajoutons que le commentaire de Pascal Durand que nous venons de citer comporte une formulation préoccupante. Nous relevons notamment que le délégué général d’Europe Ecologie a dit (selon le compte-rendu d’Europalestine) qu’il est « un peu facile » de ne « pas céder à la haine et à la violence », car les palestiniens sont « sous occupation ». Comment ce monsieur -qui prétend parler au nom d’une organisation politique- peut-il  tenir et en public des propos aussi irresponsables ? De quelle « violence » s’agit-il et de quoi parle-t-il donc ? Et cette « violence » serait perpétrée contre qui ? Quand ? Comment ? S’agit-il d’importer le conflit israélo-palestinien en France, Pascal Durand ??? En tout cas, nous relevons à quel point ici le militantisme peut se perdre dans des considérations inconséquentes et gravissimes.

 

Ceci étant dit, revenons à notre interrogation première : Alima Boumediene-Thiery serait-elle « l’honneur de la démocratie » ?

  

1) Alima Boumediene-Thiery s’affiche lors d’une conférence avec un dirigeant du Hezbollah :

 

Pour la première fois, samedi 12 décembre 2009, un dirigeant du Hezbollah (Ali Fayad), par ailleurs député au parlement libanais, peut s’exprimer publiquement en France à l’occasion d’une conférence sur la situation au Moyen Orient. Pour ce brave homme, le Hezbollah est « un mouvement de libération et de résistance nationales avec une dimension humaniste d’abord, nationaliste et islamique ensuite. Nous faisons partie de cette grande “oumma islamique” et on ressent les douleurs de ce monde islamique opprimé » (sic).

 

Les familles des 55 parachutistes français de la 3° Compagnie du 1° R.C.P. et les 3 parachutistes du 9e régiment de chasseurs parachutistes qui ont trouvé la mort, tandis que 15 autres ont été blessés, à Beyrouth (Liban) lors de l’attentat-suicide au camion piégé dit attentat du Drakkar, le 23 octobre 1983 à 6 h 20 locale, apprécieront sûrement. Rappelons simplement que cet attentat meurtrier avait été revendiqué par le Hezbollah, ainsi que par le Mouvement de la révolution islamique libre puis par le Jihad Islamique.

 

Finalement, la « Conférence Gaza » a lieu dans les locaux de la Sorbonne, le 12 décembre 2009. Y étaient invités par le Mouvement des Indigènes de la République (MIR) : Ali Fayad donc (membre du bureau politique du Hezbollah et député au Parlement libanais) ; Walid Charar (politologue libanais) ; Alima Boumediene-Thierry (sénatrice, les Verts) ; Richard Labévière (qui se présente comme un journaliste spécialiste du Moyen-Orient) ; Youssef Boussoumah (membre du MIR) et Houria Bouteldja (porte-parole du MIR). Jean Salem, professeur de philosophie, a apporté un soutien décisif à « l’événement ». Il était pourtant absent.

 

Dans un article qui a été publié sur le blog de la règle du Jeu, Arielle Schwab, la présidente de l’UEJF, a raconté la scène (3) : « Une salle qui se remplit progressivement. Il est 15 heures, elle est déjà pleine. Nous étions filtrés à l’entrée. J’entends derrière moi « j’ai failli ne pas rentrer, ils m’ont pris pour un feuj, je n’ai pas une tête de feuj! » Des libanais demandent si la conférence sera traduite en arabe, des militants juifs antisionistes attendent le début de la conférence. A l’intérieur, aucun représentant de l’Université, ni même le service de sécurité de la fac pour servir de garde-fou. Les membres des Indigènes de la République sont tendus. Ils prennent le micro, indiquent le processus d’évacuation en cas de débordements mais rassurent la salle: les gens ici sont raisonnables et respectueux de la parole et du débat d’idée. On présente les intervenants, et c’est le tour des Etudiants Juifs de France de prendre la parole, depuis la salle, pour rappeler la nature du Hezbollah.

 

Insultés, bousculés, agressés, les militants antifascistes et les étudiants.  Le Mouvement des Indigènes de la République, aidé par l’assistance, emploie la violence pour nous faire sortir de la salle. Plusieurs d’entre nous seront frappés au visage, jetés contre les murs. La suite de la conférence sera l’attendu plaidoyer pour les actions du Hezbollah dans un amphi de la Sorbonne déserté de ses universitaires et dirigeants, et vidé de ceux qui sont attachés à son héritage. L’Université a failli aux valeurs républicaines et manqué à son devoir de protéger ses étudiants. Fidèle à son héritage, la Sorbonne aurait dû rester un lieu d’ouverture, de débats voire de contradictions. Elle doit se prémunir de la haine et de ses conséquences dans ses amphithéâtres. Aujourd’hui, elle a failli à sa mission… »

 

2) Alima Boumediene-Thiery s’implique pour demander le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes :

 

2009 : à l’occasion des élections européennes de juin 2009, un appel urgent est adressé à tous les candidats aux 736 sièges du Parlement européen. On peut y lire le texte suivant : « Nous leur demandons de s’engager à obtenir le retrait immédiat et inconditionnel du Hamas et de toutes les organisations de libération palestiniennes de la liste européenne des organisations terroristes. Nous demandons que l’Union européenne reconnaisse le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. Cela implique la reconnaissance du Hamas par l’Union européenne comme un mouvement légitime de libération nationale » Alima Boumediene-Thiery signe cet appel (4).

 

Rappelons simplement :

 

- Que le Hamas veut la destruction de l’état d’Israël comme stipulée dans sa charte.

- Que depuis des décennies le Hamas a commis des dizaines d’attentats suicides, particulièrement meurtriers.

- Que le Hamas est listé comme étant une organisation terroriste par l’Europe et les Etats-Unis, notamment.

- Que le Hamas s’est emparé par la force de la bande de Gaza et qu’il persécute et assasine les militants du Fatah, les démocrates et les opposants politiques.

- Que le Hamas a crée une théocratie à Gaza dont les imams prêchent du matin au soir la haine et l’intolérance envers les non musulmans et appelle à la guerre sainte.

- Que le Hamas lancent des roquettes sur la population civile du sud d’Israël, plus de 6000 roquettes ont été tirées depuis 2 ans sur le sud d’Israël dans le seul but de tuer des civils.

- Que le Hamas utilise la population palestinienne comme bouclier humain. Les Chefs du Hamas se planquent aux premiers signes du danger, abandonnant leur peuple à la souffrance.

- Que le Hamas enseigne la haine et la violence.

- Que le Hamas se sert de l’aide internationale pour s’équiper en armes de guerre au lieu de l’utiliser à des fins humanitaires.

- Que le Hamas stocke des armes de guerre dans les mosquées, hôpitaux et écoles.

 

Evidemment, de tout cela, Boumediene-Thiery n’a que faire, elle qui absout le Hamas de ces crimes.

 

3) Alima Boumediene-Thiery participe à une action de boycott –qui est une action illicite et discriminatoire- dans un Carrefour du Val-d’Oise, à Montigny-les-Cormeilles (5) :

 

Faut-il le rappeler ? Madame Alima Boumediene-Thiery est une élue de la République. Comment une élue de la République peut-il ainsi transgresser les lois ?

 

Conclusion provisoire.

 

Madame Alima Boumediene-Thiery dit être une militante pacifiste.

 

Questions : comment peut-on parler de paix lorsque l’on « s’acoquine » avec un représentant du Hezbollah, par ailleurs franc supporter d’Ahmadinejad ??? Comment peut-on parler de paix, lorsque l’on prétend que le Hamas est un mouvement « légitime » et que l’on exige son retrait de la liste des organisations terroristes ??? Comment peut-on parler de paix, lorsque l’on discrimine et que l’on punit collectivement tout un peuple (le peuple israélien), en voulant sciemment boycotter les universités (israéliennes), les produits et les activités culturelles ???

 

La paix, dîtes-vous ? Mais, de quelle paix parlez-vous donc, Madame ?

 

Notes :

 

1)      Dans un communiqué du BDS, les militants propalestiniens annoncent qu’un rassemblement aura lieu le jeudi 14 octobre 2010, à 12hOO devant le tribunal de Pontoise. Les signataires de ce tract sont les suivants :

 

Agir contre le Colonialisme Aujourd’hui

Alliance For Freedom And Dignity (AFD)

Association des travailleurs maghrébins de France ( ATMF)

Association des Tunisiens en France (ATF)

Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR)

Association pour les jumelages entre les camps de réfugies palestiniens et les villes françaises (A.J.P.F.)

Association républicaine des anciens Combattants (ARAC)

Association pour la Taxation des Transactions et pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC)

Campagne Civile de Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP)

Cedetim

CICUP

CJPP5

Collectif Faty Koumba

Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix

Collectif des musulmans de France (CMF)

Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO)

CPPI Saint-Denis (Collectif Paix Palestine Israël)

Droit-Solidarité

Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives (FTCR)

Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE)

Fédération Syndicale Unitaire (FSU)

Gauche Unitaire

Génération Palestine

GUPS - Union Générale des Etudiants de Palestine

La Courneuve-Palestine

Les Alternatifs

Les Femmes en Noir

Les Verts

LIPFL (section française de la Women International League for Peace and Liberty)

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)

Mouvement de la Paix

Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)

Organisation de Femmes Egalité

Parti Communiste Français (PCF)

Parti communiste des ouvriers de France (PCOF)

Parti de Gauche (PG)

Participation et spiritualité musulmanes (PSM)

Respaix conscience musulmane

Solidarité Palestine 18°

Une Autre Voix Juive (UAVJ)

Union des Travailleurs Immigres Tunisiens (UTIT)

Union Juive Française Pour la Paix (UJFP)

Union syndicale Solidaires.

 

2) http://www.europalestine.com/spip.php?article5487

 

3) Article publié samedi 12 décembre 2009, sur le blog de Bernard-Henri Levy, « La règle du Jeu ». http://laregledujeu .org/2009/ 12/12/589/ 589/

 

4) http://alima-boumediene.org/spip.php?article732

 

5) http://www.alterinfo.net/Pour-le-retrait-du-Hamas-de-la-liste-europeenne-des-organisations-terroristes-_a30082.html.

 

De France, les autres signataires pour le Hamas sont :

 

Saïd Bouamama (sociologue), Houria Bouteldja (Porte-parole du Mouvement des Indigènes de la République), Raoul Marc Jennar (consultant en relations internationales), Alima Boumediene Thiery (sénatrice), Christine Delphy (Fondatrice et directrice de la revue NQF) / France"Viktor Dedaj (cyber-journaliste), Roland Diagne (enseignant en France, militant communiste marxiste-léniniste), Annie Lacroix-Riz (professeur d’histoire contemporaine, université Paris 7), Eric Colonna (citoyen engagé Lyon), Danielle Bleitrach (sociologue et écrivain), Jean-François Larosière (responsable syndical et associatif), Catherine Stern (enseignante d’Histoire à la retraite, ancienne chargée de cours à Paris), Philippe Révelli (jounaliste), Sophie Crêtaux (France, ex-chercheur au CNRS, agrégée d’histoire), Mireille Rumeau (militante politique, France), Youssef Girard (étudiant), Marie-Elise Akel, Abdelaziz Chaambi (militant associatif), Micheline Garreau (militante ISM, France), Alain Bruguier (infirmier libéral), Radouane Belahrache (Nîmes), Olivia Zémor (présidente de CAPJPO-EuroPalestine et responsable du site europalestine.com), Mohamed ZAAF, chirurgien et conseiller municipal (911510), Monique de Lope, ( professeur émérite à l’Université de Provence), Alain Bruguier alain infirmier libéral, vice président de l’afps de nimes dans le gard en france), Laure Lahaye, Chargée de collections en arabe à la Bibliothèque nationale de France, Conseillère de quartier, Paris., Youssef Boussoumah (Mouvement des Indigènes de la République), Sadri Khiari (Mouvement des Indigènes de la République).

 

Photo : D.R.

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