Grippe A: la France passe le cap des cent cas dont sept collégiens près de Toulouse

Publié le par AFP


© 2009 AFP (Eric Cabanis)
Un écriteau indique la fermeture du collège de Quint-Fonsegrives près de Toulouse, le 15 juin 2009.

Les autorités sanitaires tentaient lundi d'élucider l'origine de la contamination de sept élèves d'un collège près de Toulouse, peut-être le premier "foyer" de circulation active de la grippe A(H1N1) en France, où le nombre des cas a dépassé la centaine.

Vendredi soir, les autorités sanitaires françaises ont été alertées de la présence de plusieurs cas suspects dans une classe de 6ème d'un collège de Quint-Fonsegrives, près de Toulouse, dont l'origine n'était pas établie.

Après analyse, sept cas étaient avérés, quatre étaient négatifs. Le résultat d'analyses pour cinq autres cas suspects devrait être connu mardi.

Pour la première fois, la France connaît donc des cas de grippe A(H1N1) dont on ignore l'origine : les enfants n'ont pas voyagé dans des pays contaminés, ils ne semblent pas non plus avoir été en contact avec des personnes malades. "On essaie de comprendre ce qui se passe en interrogeant les sujets malades et ceux qui ne le sont pas mais qui ont partagé la même classe, pour établir comment ce groupe s'est contaminé", explique à l'AFP le Dr Isabelle Bonmarin, médecin épidémiologiste à l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Mais "pour l'instant on n'a encore rien trouvé".

Grippe A: la France passe le cap des cent cas dont sept collégiens près de Toulouse
© 2009 AFP (Eric Cabanis)
Des professeurs et parents écoutent les explications de Bruno Marchou (absent de l'image) le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Purpan de Toulouse le 15 juin 2009.

Lundi, l'InVS annonçait 106 cas depuis le début de l'épidémie début mai, soit 26 de plus que vendredi. "On s'attendait à avoir des cas groupés, que le nombre de cas identifiés augmente, et même plus vite", dit le Dr Bonmarin, estimant que c'est "logique", dans la mesure où le virus circule dans plusieurs zones dans le monde.

Grippe A: la France passe le cap des cent cas dont sept collégiens près de Toulouse
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Après l'hospitalisation de 7 collégiens atteints de la grippe A/H1N1 à Quint-Fonsegrives dans la banlieue de Toulouse, une réunion d'information était organisée lundi 15 juin dans le gymnase du collège. Durée: 1mn07

Le nombre de cas reste cependant très limité en France. Les autorités ont décidé le maintien en niveau d'alerte 5A. "Ca n'aurait pas de sens par exemple de fermer des écoles maintenant, avec notre centaine de cas, ce serait assez ridicule", dit le Dr Bonmarin.

Le niveau 5A correspond à une extension géographique de la transmission interhumaine du virus à l'étranger mais pas en France. Le passage en niveau d'alerte 5B interviendra s'il y a une extension des cas groupés qu'on n'arrive pas à contrôler, et le niveau 6 s'il y a une diffusion éparpillée du virus dans toute la France.

La cellule interministérielle de crise a rappelé lundi qu'"une vigilance accrue des services sanitaires a été demandée" la semaine dernière, lors du passage en niveau 6 (pandémique) décidé par l'Organisation mondiale de la santé.

L'Education nationale a déjà prévu d'organiser des cours radiotélévisés en cas d'une pandémie automnale qui obligerait de nombreux établissements scolaires à fermer. 264 heures d'émissions sont déjà préparées pour la télévision, et 288 heures pour la radio, à destination de toutes les classes à partir de la grande section de maternelle.

Elle rappelle aussi les principes d'hygiène de base à marteler auprès des enfants: "se laver les mains plusieurs fois par jour, au savon et pendant 30 secondes", "utiliser un mouchoir jetable pour éternuer ou tousser, le jeter dans une poubelle et se laver les mains".

Le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Purpan de Toulouse, Bruno Marchou, a dénoncé l'hospitalisation systématique des patients infectés par le virus, estimant que les mesures prises sont "totalement disproportionnées".

Mais pour la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, la prise en charge hospitalière permet "un meilleur confinement des cas pour éviter tout risque d'augmentation de la contamination" et une vérification de l'observance du traitement.

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