Proche-Orient: Netanyahu accepte pour la première fois un Etat palestinien, démilitarisé

Publié le par ISRAEL MAGAZINE


© 2009 AFP (Baz Ratner)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, soumis à de fortes pressions internationales, a accepté dimanche le principe d'un Etat palestinien, tout en posant des conditions comme sa démilitarisation qui ont été immédiatement rejetées par les Palestiniens.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, soumis à de fortes pressions internationales, a accepté dimanche le principe d'un Etat palestinien, tout en posant des conditions comme sa démilitarisation qui ont été immédiatement rejetées par les Palestiniens.

Dans le même temps, M. Netanyahu s'est refusé à un gel de la colonisation juive, comme le réclame la communauté internationale pour laquelle la construction en Cisjordanie mine la perspective d'un Etat palestinien.

Les deux conditions posées par le Premier ministre portent sur la démilitarisation du futur Etat palestinien et la reconnaissance par la direction palestinienne d'Israël comme Etat du peuple juif.

Le président americain Barack Obama a rapidement salué "l'important pas en avant" constitué par le discours de M. Netanyahu.

M. Obama "est favorable à une solution à deux Etats, un Etat juif d'Israël et une Palestine indépendante, sur les terres historiques des deux peuples", a rapporté un communiqué de la Maison blanche.

Dans son premier discours de politique étrangère depuis l'élection de février, à l'université Bar Ilan, près de Tel Aviv, le Premier ministre israélien a ajouté que "si nous recevons ces garanties sur la démilitarisation et si les Palestiniens reconnaissent Israël comme l'Etat du peuple juif, alors nous parviendrons à une solution basée sur un Etat palestinien démilitarisé au côté d'Israël".

"Le territoire alloué aux Palestiniens sera sans armée, sans contrôle de l'espace aérien, sans entrée d'armes, sans la possibilité de nouer des alliances avec l'Iran ou le Hezbollah" libanais, a-t-il ajouté.

Il a appelé les Palestiniens et les dirigeants palestiniens à "reprendre immédiatement des discussions de paix sans conditions préalables".

Concernant le dossier crucial de la colonisation, il a réaffirmé le droit "aux habitants des implantations de vivre normalement", en référence à leur accroissement démographique.

L'Autorité palestinienne a aussitôt accusé M. Netanyahu de "torpiller" les efforts de paix.

"Ce discours torpille toutes les initiatives de paix dans la région", a déclaré à l'AFP Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.

"Il entrave les efforts visant à sauver le processus de paix dans un clair défi à l'administration américaine", a-t-il ajouté.

Le Hamas islamiste qui s'oppose à toute reconnaissance d'Israël a pour sa part estimé que "ce discours reflète l'idéologie raciste et extrémiste de Netanyahu et fait fi de tous les droits du peuple palestiniens".

M. Obama avait pressé Israël, lors de son discours de réconciliation avec le monde musulman le 4 juin au Caire, d'endosser le principe de "deux Etats pour deux peuples" et appelé à un gel total de la construction dans les colonies de Cisjordanie où vivent près de 300.000 Israéliens.

M. Netanyahu s'était refusé jusqu'à présent à évoquer la création d'un Etat palestinien.

"Le coeur du conflit a toujours été le refus des Arabes d'accepter l'existence d'un Etat juif", a-t-il ajouté en référence notamment au refus des pays arabes en 1947 de reconnaître la résolution de l'Onu en faveur du partage de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe.

M. Netanyahu a réaffirmé son opposition à tout partage de Jérusalem, dont Israël a annexé la partie orientale après sa conquête en juin 1967 et il a exclu un retour de réfugiés palestinien en Israël.

Sur le dossier iranien, au lendemain de l'annonce de la victoire électorale pour un second mandat de Mahmoud Ahmadinejad, M. Netanyahu a estimé que "la plus grande menace pour Israël, le Proche-Orient et le monde entier, c'est la rencontre entre l'arme nucléaire et l'islam radical".

Des représentants des colonies de peuplement en Cisjordanie occupée ont critiqué les déclarations du Premier ministre en faveur d'un Etat palestinien même démilitarisé, tout en se félicitant de ses positions en sur colonisation.

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