Michel Fugain : « Je suis le goy le plus juif de France ! »

Publié le par ISRAEL MAGAZINE



Ouahh!!!! Michel Fugain est un véritable ouragan mais un ouragan de gentillesse, de générosité et s'il est allé retrouver le bonheur et la sérénité en Corse, il n’en demeure pas moins à l’écoute du monde. On jauge la qualité d’une interview à ce que l’interview vous apporte et j’avoue être sorti de cette interview quelque peu admiratif de l’homme auquel j'ai dit « enchanté » en guise de bonjour au début de notre conversation tout en lui confiant dans un fou-rire commun que je le connaissais pourtant depuis 40 ans.

André Darmon : Vous êtes très attendu le 7 juillet en Israël, et par moi le premier. Dans quel état d’esprit êtes-vous, curieux, anxieux, peut-être à cause du contexte un peu particulier de ce concert ou est-ce une date comme une autre sur le parcours de votre tournée ?

Michel Fugain : Chanter en Israël, bien évidemment n’est pas une date comme une autre. Je viens dans un esprit curieux, gourmand, intéressé. Je viens chanter et me retrouver devant un peuple particulier que je connais bien, qui aime la vie. Je languis cette rencontre, j’attends ce moment avec impatience. Nous irons partout et en particulier, c’est certain, nous recueillir au Mur des Lamentations. Je vais vous faire une confidence, je suis le goy le plus juif de France. J’ai vécu tout au début de ma carrière pendant neuf mois dans une famille juive sépharade, la famille Sindres, dont les ancêtres avaient été chassés par Isabelle la catholique. Les Sindres m’ont tous chaleureusement accueilli chez eux comme un fils, à l'époque où je n’avais pas de quoi me payer une location tout seul, et je peux dire que je sais ce qu’est une maman juive et un père juif, une tante juive qui cuisinait merveilleusement. J’ai connu toutes les fêtes religieuses juives et ce fut un moment unique dans ma vie. La famille Sindres est demeurée comme une seconde famille pour moi, même si elle a été décimée par la maladie depuis. Et si j’avais un message particulier à adresser au peuple juif ce serait celui de ma reconnaissance avec, en particulier, ma reconnaissance avec le peuple juif parisien. En effet, lorsque j’étais au fond du trou et que je n’avais pas un sou dans les années 1980/1985 après avoir connu la gloire, et bien pour vivre, j’ai fait tous les mariages « feujs » de Paris. Et là j’ai découvert une communauté qui sait ce que c’est que faire la fête, des fêtes incroyables et des femmes tellement belles. La communauté juive m’a sauvé la vie. C’est une culture magnifique et à la maison on s’intéresse de près à l’Histoire de la religion juive.

AD : En 1969, je me souviens avoir vu apparaître à la télé française un grand jeune homme barbu qui chantait ‘Je n’aurais pas le temps’, votre chanson qui par ailleurs n’a pas pris une ride. Michel Fugain, avez vous eu le temps de faire tout ce que vous vouliez faire, de faire aboutir tous vos projets artistiques. Rêvez-vous encore ?


MF : Mais je suis en plein dedans. Je n’ai jamais de chansons en stock. Je travaille en flux tendu. C’est simple. Je ne suis pas un pisse copie. Je n’ai rien, pas de chansons dans mes tiroirs. Je suis mes pulsions. Je peux composer une mélodie le soir et l’abandonner le lendemain. J’invente en permanence de la musique. Oui, je rêve encore de plein de trucs mais aujourd’hui, que des choses raisonnables.

AD : Une question un peu plus politique, la seule. Il y a un parti en France qui s’est présenté aux européennes, le parti conduit par Dieudonné, et qui se proclame antisioniste mais surtout, tout le monde l'a compris, anti juif. Vous qui avez chanté 'le Chiffon rouge', vous le fils de résistant, qu'est ce que vous inspire ce parti et le personnage de ce comique qui ne fait plus rire personne depuis longtemps ?


MF : « Dieudonné, c’est l’écume du bourbier »…

 

l'interview complete paraitra debut juillet

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