Européennes: UMP et écolos grands gagnants, bérézina pour le PS et le MoDem

Publié le par AFP


© 2009 AFP (Boris Horvat)
L'UMP et Europe-Ecologie sont les grands gagnants des élections européennes de dimanche, alors que le PS -mais aussi le MoDem- a subi une bérézina en étant rattrapé par les listes de Daniel Cohn-Bendit, le tout sur fond d'abstention record -près de 60%- pour ce type de scrutin

L'UMP et Europe-Ecologie sont les grands gagnants des élections européennes de dimanche, alors que le PS -mais aussi le MoDem- a subi une bérézina en étant rattrapé par les listes de Daniel Cohn-Bendit, le tout sur fond d'abstention record -près de 60%- pour ce type de scrutin.

Selon la totalisation partielle du ministère de l'Intérieur à 01H45, les listes UMP-NC du président Nicolas Sarkozy recueillent 27,89%, soit 11 points de plus que le PS (16,48%), qui ne comptait plus que 37.000 voix d'avance sur les Verts (16,27%).

Symbole de sa débâcle, le PS se classe troisième à Paris (14,7%), très loin derrière l'UMP (29,9%) et Europe Ecologie (27,5%), un an après la confortable réélection du maire Bertrand Delanoë.

Le rapport UMP-PS représente le pendant quasi exact du scrutin de 2004 quand le PS avait nettement devancé la droite.

Daniel Cohn-Bendit, le 7 juin 2009 à Paris
© 2009 AFP (Thomas Samson)
Selon la totalisation partielle du ministère de l'Intérieur à 01H45, les listes UMP-NC du président Nicolas Sarkozy recueillent 27,89%, soit 11 points de plus que le PS (16,48%), qui ne comptait plus que 37.000 voix d'avance sur les Verts (16,27%).

C'est la première fois -hors cohabitation- depuis 1979, que le parti au pouvoir arrive en tête d'une élection intermédiaire, face il est vrai à une opposition dispersée.

Selon les résultats des départements métropolitains connus peu avant 02H00, le PS n'arrivait en tête que dans l'Ariège, le Pas-de-Calais et les Landes.

Ne profitant pas du contexte de crise et de hausse continue du chômage, les socialistes font un résultat pire que prévu par tous les sondages. Figure de proue d'Europe-Ecologie, M. Cohn-Bendit a salué une "aventure extraordinaire" et proposé une alliance anti-Barroso au MoDem et au PS.

Le PS a été devancé par Europe-Ecologie dans de nombreuses grandes villes (Bordeaux, Rennes, Rouen, Aix-en-Provence, Perpignan, Toulon, Nantes).

Plusieurs responsables, au MoDem et au FN, ont mis en cause la large diffusion à deux jours du scrutin du documentaire alarmiste sur l'environnement "Home".

La première secrétaire du PS Martine Aubry, le 7 juin 2009 à Paris
© 2009 AFP (Stéphane de Sakutin)
Symbole de sa débâcle, le PS se classe troisième à Paris (14,7%), très loin derrière l'UMP (29,9%) et Europe Ecologie (27,5%), un an après la confortable réélection du maire Bertrand Delanoë.

Autre grand perdant: le MoDem n'obtient que 8,47% loin des ambitions de François Bayrou. Un revers personnel pour lui, après une campagne violemment anti-Sarkozy. Il a pris "sa part de responsabilité".

"C'est la sanction d'une opposition hystérique et obsessionnelle. Le vote sanction a été sanctionné", a lancé le patron de l'UMP Xavier Bertrand. "Le référendum anti-Sarkozy a échoué", a renchéri le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Après le quatuor de tête, viennent le Front national (6,34%) et le tout jeune Front de gauche (PCF et Parti de gauche, 6,03%) quasiment à égalité avec l'extrême gauche, tous mouvements confondus (6,09%).

Résultats (partiels) des principales listes en pourcentage
© 2009 AFP

Jean-Michel Baylet, président du PRG, s'est étonné que la majorité "crie victoire alors que moins d?un électeur sur trois lui a apporté son suffrage".

Reportage. Durée: 1min39
© 2009 AFP

Le total droite (UMP-NC, Libertas, Debout la République) réunit quelque 35% des voix, la gauche (PS, Europe Ecologie, Front de gauche) plus de 39%.

Six mois après le désastreux congrès de Reims, le PS a mis sa défaite sur le compte de ses déchirures, Vincent Peillon jugeant qu'il "paie ses divisions".

"Je prends toute la mesure de la responsabilité du PS", a réagi la patronne du parti, Martine Aubry. Selon elle, "le PS a surtout besoin d'une profonde rénovation" et "du rassemblement de la gauche".

Aurélie Filippetti, proche de Ségolène Royal, a été plus dure, parlant de "tsunami politique" et de "réplique du 21 avril 2002". Selon elle, le PS pourrait "disparaître" s'il ne réagit pas.

Après l'élection attendue des ministres Michel Barnier (Agriculture) et Rachida Dati (Justice) et celle, inattendue, de Brice Hortefeux (Travail), Nicolas Sarkozy va devoir procéder à un remaniement.

Selon une source gouvernementale, il va "prendre son temps" après ce qu'il considère comme un succès. M. Sarkozy devrait toutefois s'exprimer cette semaine pour "remettre en perspective la politique du gouvernement" après le scrutin, selon une source proche du gouvernement.

En Ile-de-France, le porte-parole du PS Benoît Hamon est battu. Sont en revanche élus Marielle de Sarnez (MoDem, IDF), Catherine Trautmann (PS, Est), Marine Le Pen (FN, Nord ouest), Corinne Lepage (MoDem, Nord ouest), Philippe de Villiers (Libertas, Ouest).

Les Français ont élu leurs 72 députés européens pour cinq ans. L'UMP devrait en avoir 29, le PS et les écologistes 14 chacun et le MoDem 6, selon les projections. Le FN n'en aura plus que 3.

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