Main basse sur l’Education Nationale

Publié le par PRIMO - J.SBERRO

On croit rêver à la lecture de la motion SNES de la section de Nice, adoptée le 12 mars par vote à main levée. Quand le totalitarisme fait loi, la démocratie passe par le vote à main levée et la gestion autoritaire du terrain.

« Le congrès académique a repris à son compte l’appel initié par Europalestine, afin d’appeler à l’organisation du boycott d’Israël, pour venir en aide au peuple palestinien. »

Votez,votez, mais votez bien ! Il en restera toujours quelque chose, chers jeunes collègues, en commission paritaire pour votre demande de mutation.

Rédiger une rapide mise au point teintée d’humour pour une mise au pilori ?

A la réflexion, il est apparu indispensable de faire le tour de la question et des réactions suscitées par cette prise de position infâme et infâmante pour tout le corps enseignant.

C’est à Nice que les manifestations dites pro-palestiniennes ont connu les déferlantes les plus sauvages et les plus destructrices.

Pour aider le peuple palestinien, la destruction et le pillage de commerces, l’agression verbale et physique de forces de l’ordre, le cri de ralliement « Mort aux Juifs ! » sont d’une efficacité évidente.

Pour détruire, il y avait sans doute dans la rue les élèves politiquement formés par le SNES de Nice.

Pour rédiger les motions, un personnel alphabétisé et d’une haute culture politique: le corps enseignant de Nice pris en otage !

Cette glorieuse motion «Europalestinolâtre» a été votée par quarante voix pour ; trente huit collègues se sont abstenus ou ont voté contre. Nous avons pris la peine de contacter directement des collègues concernés par ce vote.

Voilà un aperçu de ce qui se dit quand les ayatollahs du doigt levé ont pris le large : « J'ai pensé leur renvoyer ma carte, mais je participe au mouvement intra académique cette année, je ne peux pas me permettre. C'est pour ça que je ne peux pas vraiment gueuler. Alors que peut-on faire ? »

Le peuple palestinien n’est pas seul dans la désespérance. Certains jeunes enseignants leur doivent à Nice, d’y perdre leur foi,leurs convictions et leur droit à la parole.

Embrigadement idéologique et prosélytisme autoritaire ont pris la place, en certains secteurs de l’Education qui se voudrait Nationale, de toute action éducative d’éveil à l’autre et à la vie, à l’appartenance au destin collectif.

Cette école nouvelle dont le Ministre Xavier Darcos dit qu’elle a tendance à devenir « un champ disparate dont les parents n’ont que faire. »

On pourrait suggérer à la section de Nice de compléter cette motion par un appel à condamnation d’Omar El Bachir. Au Darfour il n’y a pas de sionistes et encore moins de Juifs ; des musulmans tuent d’autres musulmans. On aurait pu.

La ferme mise au point d’Hughette Chomski,enseignante et présidente du Mouvement contre le Terrorisme mérite le détour ; diffusée à la direction du SNES, nous en attendons les réactions.

En poussant plus loin les recherches on découvre que l’initiative de cette motion votée à Nice est partie de St Denis,ville bien connue de ce que l’on appelle le 9-3 !

Un professeur d’Histoire en est à l’origine. Il est vrai que la mairie de cette ville a jugé bon d’organiser un meeting démagogique à l’Hôtel de ville, drapeaux palestiniens en tête et mise au pilori d’Israël.

Devons-nous rappeler à cet enseignant que son établissement porte le nom glorieux d’un enfant pakistanais vendu par ses parents* à une usine de tapis, révolté à dix ans contre l’esclavage et assassiné à douze ?

Faut-il lui demander de prendre conscience que les 39 % d’élèves de 3ème en retard scolaire de son établissement et les 49% de réussite au brevet méritent bien plus de son attention éducative qu’une fuite vers une action politicarde sans lendemain?

C’est en leur nom, enfants innocents et jouets de l’Histoire, dans le seul souci d’un avenir radieux et porteur d’espoir, que j’appelle le SNES à faire voter des motions dans toutes les sections de France pour « la promotion et la protection des élèves les plus défavorisés de France ; leur droit à une éducation de qualité et de progrès social, le droit à des équipes pédagogiques compétentes volontaires et respectueuses des enfants qui leur sont confiés ».

Afin d’éviter à notre pays que ce cri d’alerte de Paul Valéry entre les deux guerres devienne une triste réalité : « Nous autres civilisation, nous savons maintenant que nous sommes mortelles »

Que des enseignants en soient la cause à l’heure où les armes se sont tues est d’une gravité sans précédent.

SOS élèves en danger !

Josiane Sberro © Primo, 30 mars 2009

*Iqbal MASIH est un enfant pakistanais que ses parents ont vendu pour éponger la dette familiale, contractée lors du mariage de son frère. A quatre ans, Iqbal rejoint une de ces fabriques de tapis qui exploitent déjà huit millions de gosses. A dix ans, l'enfant esclave a déjà une tête de vieillard et les mains ravagées d'avoir noué douze heures par jour et pendant 6 ans de précieux tapis revendus à prix d'or en Occident. En 1993, son calvaire prend fin grâce à Eshan Khan, président de la ligue contre le travail des enfants (BLLF).

Son libérateur l'arrache de son métier à tisser pour lui redonner le goût de vivre et la rage de se battre. Iqbal devient alors le symbole de cette jeunesse martyrisée. Il parcourt son pays et le reste du monde afin d'alerter l'opinion internationale. En janvier 1995, il participe à une Convention contre l'esclavage des enfants à Lahore. Il se rend en Suède et aux États Unis, où il reçoit un prix de la firme américaine Reebok (voir photo). Son périple prend fin le 16 avril 1995. Il meurt assassiné sur son vélo, le corps criblé de balles. Il avait 12 ans.

Publié dans ACTUALITE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article