Deux ministres demandent le retrait du clip du rappeur Orelsan

Publié le par 01net.com - AJAX

Décidément, il ne se passe pas une semaine sans qu'un membre de la majorité ou du gouvernement ait des reproches à faire à Internet. Après le député UMP Frédéric Lefebvre qui s'en prenait aux sites de streaming, après la secrétaire d'Etat à la famille Nadine Morano et le député UMP Eric Raoult qui s'estimaient insultés par les internautes, c'est la secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie Létard, qui s'en prend à un vidéo clip diffusé sur Dailymotion et sur YouTube.

Dans un communiqué diffusé vendredi 27 mars 2009, elle « en appelle à la responsabilité des dirigeants des sites de vidéos en ligne pour qu'ils retirent immédiatement le clip incriminé ». En l'occurrence, il s'agit d'une chanson du rappeur Orelsan intitulée en toute élégance Sale Pute. La secrétaire d'Etat y voit une incitation à la violence contre les femmes. Selon l'Express.fr, elle a été alertée par des blogueuses qui ont découvert cette chanson et en dénoncent les paroles depuis une dizaine de jours.

Il est vrai que la chanson, où s'exprime un jeune homme trompé par sa copine, ne fait pas dans la dentelle (« Si je te casse un bras considère qu'on s'est quitté en bons termes », « Je vais te mettre en cloque et t'avorter à l'Opinel », ce genre de choses). La ministre de la Culture Christine Albanel a emboîté le pas à Valérie Létard, avec un autre communiqué, et demande également « que le clip de cette chanson ne soit plus diffusé ». Pour elle, « cette démarche s'inscrit pleinement dans la politique que je souhaite mener en faveur d'un Internet civilisé ».

Retrait uniquement sur décision de justice

Pour l'heure, YouTube et Dailymotion ont seulement restreint l'accès à la chanson, mais ne l'ont pas supprimé. Le clip est défini comme « contenu inapproprié » sur Dailymotion et il faut être inscrit ainsi que majeur pour le regarder.

Cette affaire pose la question récurrente du retrait de contenus manifestement illicites après signalement, un mécanisme prévu par la loi pour la confiance dans l'économie numérique. Or, il est difficile d'affirmer que cette vidéo est illicite : il ne s'agit ni de contenu piraté, ni de diffamation (personne n'est nommé), ni d'images violentes (il n'y en a aucune tout le long de la vidéo), ni d'appel clair à la violence ou à la discrimination. Dans ce cas, un retrait de contenu ne peut avoir lieu que sur une décision de justice. Et cette dernière n'a pas été saisie par les ministres, qui se sont contentées pour l'instant de simples communiqués de presse.

Pour sa part, Dailymotion explique que « le clip a été mis en ligne en septembre et on ne reçoit des appels de journalistes qu'aujourd'hui. Mais on n'a reçu aucune demande de retrait conforme à la LCEN... » Quant à Orelsan, il a réagi par l'intermédiaire de son label pour faire savoir qu'il était « désolé » que le texte de sa chanson ait pu « choquer certaines personnes ».

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walkmindz 30/03/2009 12:49


les excès du White Trash made in France ou l’histoire d’un mauvais remake
 
White Trash.
Le terme sera la coquetterie des prochains jours dans la presse ignorante ou en déficit d’adulescence.
Le phénomène a été sociologiquement marqueté par un spécimen quelconque dans une maison de disque, major ou indépendante, il n’y a plus de différence. Il n’y en a jamais eu.
Puisque le but principal des organes de production culturelle est de fournir une solution adaptée à toutes les niches de population, alors autant tirer avantage de la paupérisation ambiante qui unit les enfants de prolétaires high tech et de la bourgeoisie vintage dans une middle class pseudo universitaire.
White Trash. Là où l’on pourrait trouver l’expression raciste comme bamboula® ou bougnoule, on y trouve une forme méliorative d’acceptation socialo-artistique qui émoustillera les mêmes illuminés qui ont mis au panthéon l’illettrisme d’Abd Al Malik.
La suite :
http://souklaye.wordpress.com/2009/02/16/white-trash-made-in-france-ou-l’histoire-d’un-mauvais-remake/