Guadeloupe: réaction DISPROPORTIONNEE des FORCES DE L'ORDRE

Publié le par AFP

Guadeloupe: les affrontements se multiplient, appel au calme du gouvernement

 

Des voitures calcinées, le 17 février 209 à Point-à-Pitre en Guadeloupe
© 2009 AFP (Julien Tack)
Des voitures calcinées, le 17 février 209 à Point-à-Pitre en Guadeloupe

La Guadeloupe a connu une flambée de violence dans la nuit de mardi à mercredi, et au moins trois policiers et trois gendarmes ont été légèrement blessés par des tirs d'armes à feu lors alors que les affrontements entre jeunes et forces de l'ordre se multipliaient.

Le gouvernement "lance un appel au calme" en Guadeloupe, après les violences et pillages de la nuit, a déclaré mercredi sur Europe 1 son porte-parole, Luc Chatel.

Plusieurs magasins ont été pillés à Pointe-à-Pitre, selon la préfecture, et des barrages, dont certains enflammés, dressés sur plusieurs rues de la ville désertées par les habitants, selon un photographe de l'AFP. Trois policiers ont été légèrement blessés par des tirs d'armes à feu dans une cité de la ville, où ils avaient été appelés pour une intervention.

Incendies, pillages et violences
© 2009 AFP
Incendies, pillages et violences

A Baie-Mahault (10 km de Pointe-à-Pitre) de violentes échauffourées ont opposé dès 19H00 mardi (00H00 mercredi en métropole) une centaine de jeunes à des gendarmes mobiles. Selon le maire de la ville, Ary Chalus, une centaine de jeunes étaient présents dans la zone commerciale de Destrelland à Baie-Mahault, qui avait brièvement rouvert le week-end sous haute surveillance policière. Certains, munis de fusils à pompe, ont tiré à balles réelles en direction de la police, a-t-il également indiqué.

Trois gendarmes ont été légèrement blessés, a ajouté M. Chalus, tandis que trois jeunes ont également été interpellés.

Face à ce regain de violences, le "collectif contre l'exploitation" (LKP), qui mène la grève générale qui paralyse l'île et son activité économique depuis le 20 janvier, a lancé "un appel au calme" sur la radio RCI en milieu de soirée.

Des incidents avaient déjà eu lieu dans la nuit précédente. Lundi matin, les militants du LKP avaient dressé de nombreux barrages et les forces de l'ordre étaient intervenues, puis dans la soirée et la nuit des bandes de jeunes s'étaient opposées aux forces de l'ordre.

Violences le 16 février 2009 aux Gosiers à la Guadeloupe
© 2009 AFP (Julien Tack)
Violences le 16 février 2009 aux Gosiers à la Guadeloupe

Selon la préfecture, "des incendies se déclarent dans des commerces, essentiellement dans l'agglomération de Pointe-à-Pitre". Ont notamment été pillés des magasins et entreprises appartenant au groupe béké -les descendants de colons blancs- martiniquais Bernard Hayot (GBH), notamment une concession Renault, un atelier de réparations auto rapides, un magasin de pneus et un hypermarché Carrefour.

Les revendications du LKP portent notamment sur la cherté de la vie, dans des Antilles françaises où quasiment tout est importé, alors que le taux de chômage est le plus élevé de l'Union européenne et le PIB par tête deux fois inférieur à la métropole. Le conflit social a cristallisé un profond malaise autour des problèmes économiques et sociaux, sur un fond historique marqué par l'esclavage

Elie Domota le 17 février 2009 à Pointe-à-Pitre
© 2009 AFP (Julien Tack)
Elie Domota le 17 février 2009 à Pointe-à-Pitre

Le leader charismatique du LKP, Elie Domota, a lancé sur la radio RCI un appel au calme, en créole: "ne mettez pas votre vie en danger, ne mettez pas la vie des autres en danger". "Ne répondez pas à la provocation", a-t-il lancé aux jeunes, demandant dans le même temps au préfet de "retirer ses gendarmes". Vers 20H00 locales, sur RFO Télé-Guadeloupe, M. Domota avait appelé les manifestants à "laisser les gendarmes +débarrer+ et à reconstituer les barrages après leur départ".

Appelant à "renforcer la mobilisation", M. Domota avait aussi affirmé que "plus il y a de Guadeloupéens sur les routes, plus Sarkozy, Fillon et consorts comprendront qu'il faut satisfaire nos revendications".

Ce regain de violences survient alors que le président de la République doit recevoir jeudi à Paris les parlementaires et présidents des collectivités territoriales de Guadeloupe et Martinique.


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