«Le Hamas? Une bande de voyous!»

Publié le par LE TEMPS - J.SBERRO

Les Brigades Izz al-Din al-Qassam, branche armée du Hamas. (AFP)

Les Brigades Izz al-Din al-Qassam, branche armée du Hamas. (AFP)

L’écrivain Avraham Yehoshua, l’une des principales cautions morales du camp de la paix en Israël, explique pourquoi il a soutenu jusqu’au bout l’intervention militaire à Gaza malgré le tollé qu’elle a suscité dans l’opinion international

A peine a-t-on franchi le seuil de son appartement, au sommet d’une tour de Tel-Aviv, qu’Avraham Yehoshua s’enflamme: «Comment ces juges espagnols osent-ils parler d’un tribunal pour juger les crimes de guerre d’officiers israéliens! C’est ridicule. L’Espagne a participé au bombardement de civils avec l’OTAN en Serbie. Elle tire sur les immigrés à sa frontière!» Le ton est donné. Aux yeux de l’un des plus grands écrivains contemporains israéliens* que l’on présente, avec ses collègues Amos Oz et David Grossman, comme la caution morale du camp de la paix, Israël était non seulement justifié d’intervenir militairement à Gaza, mais personne n’est en position de critiquer la façon dont l’opération a été menée. «Sauf la Suisse et la Suède, qui n’ont plus mené de guerre depuis 200 ans! Alors allez-y, critiquez!» Nous ne sommes pas là pour critiquer, mais pour comprendre.

Le Temps: Vous êtes fâché contre les critiques internationales?

Avraham Yehoshua: Quand elles se font de cette façon, oui. Je suis un des grands critiques d’Israël sur la question de l’occupation et des colonies dans les territoires palestiniens. Cela fait 42 ans que je suis pour un Etat palestinien, pour parler à l’OLP. Mais quand il y a un groupe vicieux comme le Hamas qui nous attaque après notre retrait de Gaza et qu’il tire depuis trois ans sur des civils israéliens, ce n’est pas acceptable.

– Depuis huit ans, les roquettes des islamistes du Hamas ont provoqué la mort de 10 personnes en territoire israélien. En trois semaines, Tsahal élimine 1300 personnes dont une majorité de civils et de nombreux enfants… On peine à comprendre.

– Le but n’était pas de tuer des civils, mais d’arrêter le feu du Hamas. Si on veut tuer des civils pour tuer des civils, comme le Hamas le fait, on peut en tuer des milliers. Le problème était d’éviter la mort de soldats israéliens. Nos soldats ont peur. Nous avons peur. Il fallait intervenir à un prix acceptable. Cela n’a rien à voir avec l’idée de revanche ou de donner une leçon en tuant des civils.

Publié dans ISRAEL

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