Communiqué de l'Amitié Judéo-Chrétienne de France

Publié le par AJCF - MF GARRIGOU

 Le pape Benoît XVI vient de lever l'excommunication (décision juridique) des
quatre évêques qui avaient été excommuniés par Jean-Paul II en 1988. Il le
fait sur la demande de Mgr Fellay qui déclare reconnaître " l'autorité du
pape, l'enseignement de l'Église dans un esprit filial, tous les conciles
jusqu'à Vatican II " mais, dans ce dernier cas, avec des réserves. " Nous
acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu'à Vatican II au sujet
duquel nous émettons des réserves " affirme Mgr Fellay. Nous n'avons pas de
peine à deviner lesquelles : la réforme liturgique, la liberté religieuse,
le dialogue œcuménique, l'ouverture aux autres religions. La déclaration
Nostra Ætate est donc visée, et en particulier son ch. 4, sur les relations
avec le peuple juif ce qui risque de porter atteinte au dialogue. Certes, la
levée de l'excommunication ne supprime pas le schisme ; ces quatre évêques,
et leurs prêtres, devront reconnaître Vatican II pour entrer en pleine
communion dans sa totalité.
Après la prière pour les Juifs du Vendredi Saint qui leur a été concédée,
un nouvel événement nous choque : l'un des quatre évêques, Mgr Williamson,
se révèle être négationniste. D'un point de vue seulement canonique, nous
voulons bien croire que cela n'a rien à voir avec la levée de
l'excommunication, mais il faudrait être absolument aveugle et sourd pour
affirmer qu'il n'y a " rien à voir " ni à entendre entre la levée de
l'excommunication et l'affirmation du négationnisme. L'indignation générale
soulevée par les propos de Mgr Williamson prouve le contraire. Avec le
négationnisme, nous plongeons dans l'abîme de l'idéologie des Nazis qui,
voulant anéantir jusqu'à la racine le peuple porteur de la révélation du
Dieu Un, ont tout tenté pour montrer non seulement que leur crime n'en était
pas un, mais aussi qu'il n'avait pas existé et cela porte nécessairement
atteinte au dialogue entre Juifs et Chrétiens.
Nous, membres catholiques de l'Amitié Judéo-Chrétienne de France, attendons
de l'Église une attitude moins ambiguë en ce qui concerne les relations avec
le peuple juif. Cette volonté de favoriser la pleine unité à l'intérieur de
l'Église catholique, légitime en soi, risque de causer des déchirures
beaucoup plus grandes que celles qu'elle veut réparer. Et nous sommes
certains qu'elle fait du mal à tous ceux d'entre nous qui s'efforcent de
maintenir et de faire progresser un véritable dialogue, amical et
respectueux, entre Juifs et Chrétiens.
Les membres catholiques de l'Amitié Judéo-Chrétienne de France, avec
l'approbation de l'ensemble du Comité Directeur.

Paris, le 27 janvier 2009

Publié dans INFO. COMMUNAUTAIRES

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