Stains : polémique sur le "citoyen d'honneur" du Fatah

Publié le par LE PARISIEN - AFP - AJAX

Le maire PCF de Stains (Seine-Saint-Denis) a refusé d'obéir à une injonction de la préfecture qui lui demande d'annuler une décision de son conseil faisant «citoyen d'honneur» Marwan Barghouthi, le leader du Fatah en Cisjordanie emprisonné en Israël.

Dans un courrier daté du 14 janvier, le sous-préfet de Saint-Denis Olivier Dubaut demande à Michel Beaumale de «retirer» la délibération du 18 décembre.

Cet hommage à «une personne aussi controversée» constitue une «erreur manifeste d'appréciation» et a donné lieu «à de vives polémiques locales susceptibles de susciter des troubles à l'ordre public», argumente le sous-préfet.

Le maire répond au sous-préfet, dans une lettre communiquée mardi à la presse, qu'il demandera aux élus, lors du prochain conseil, de «confirmer la délibération». Celle-ci, selon lui, n'a pas soulevé les «protestations véhémentes» alléguées, hormis «Monsieur Ghozlan dont on connaît l'allergie à toute manifestation de solidarité avec le peuple palestinien».

Ce dernier, président du Conseil des communautés juives du 93, avait demandé le 30 décembre au préfet de faire «annuler» le vote des élus stanois qui selon lui «cautionnent les actions antijuives des islamo-terroristes palestiniens».


S'agissant du danger de «laisser "transposer" le conflit israélo-palestinien», le ùmaire de Stains affirme «gérer ces questions avec un grand esprit de responsabilité». Il ajoute : «Les Stanois, dans leur grande majorité, sont parfaitement capables de comprendre que le problème du Proche-Orient n'est pas un problème religieux, qu'il est essentiellement politique».


Michel Beaumale déplore «l'étroitesse de vue» du sous-préfet, pour qui il y a une «absence d'intérêt local» à soutenir M. Barghouthi, et il revendique «un devoir de solidarité avec le peuple palestinien privé de ses droits depuis 60 ans». Il souligne que sa ville mène une coopération avec le camp palestinien d'Al-Amari depuis 10 ans.


Marwan Barghouthi, considéré comme l'un des principaux inspirateurs de l'Intifada et souvent présenté comme un possible successeur du président Mahmoud Abbas, a été condamné en 2004 par un tribunal israélien à cinq peines de prison à vie pour implication dans quatre attentats anti-israéliens.

Leparisien.fr avec AFP

Publié dans INFO. COMMUNAUTAIRES

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