Le sens de la bataille de Gaza

Publié le par PRIMO - J. SBERRO

Comme promis dans notre dernière lettre, vous pouvez maintenant lire en avant-première la magnifique interview de Pierre-André Taguieff "Le sens de la bataille de Gaza, antisionisme radical et nouvelle judéophobie", un entretien avec Aleksandra Rybinska à paraître dans l'édition du 17-18 janvier 2009 du grand quotidien polonais Rzeczpospolita ("La République"), Varsovie. Merci à Pierre-André Taguieff de nous avoir confié la diffusion de ce document.

Wafa Sultan a sur la situation de Gaza une opinion tranchée. Comme d'habitude ! (lire en Une de Primo) Merci au site Mediarabe qui nous a autorisé à reproduire ce document. Parcourez ce site désormais incontournable et extrêmement bien fourni. Nos félicitations à l'équipe de bénévoles qui anime ce site.

La question des réfugiés obsède le Hamas en particulier et les Palestinolâtres en général. Mais sait-on de quoi on parle ? Pas certain ! Liliane Messika fait le point et, à l'occasion, égratigne Radio France Internationale. Lire

Pierre Lefebvre et Liliane Messika se demandent d'ailleurs pourquoi les pays arabes maintiennent les Palestiniens dans des camps de réfugiés depuis 60 ans, alors que, dans notre hexagone, ces mêmes Palestinophiles exigent de la France qu'elle naturalise les sans-papiers sans conditions. Le racisme n'est peut-être pas là ou on le croit. Lire

Héros de cette guerre de Gaza, un médecin norvégien, Mads Gilbert, qui n'a pas de mot assez dur envers Israël. Mais cet homme a un passé. Le moins que l'on puisse dire est qu'il est un peu trouble. Lire

Dans des véhicules d'aide humanitaire de la Croix-Rouge à destination de Gaza, l'armée israélienne a trouvé un bien curieux chargement. Mais nos télés européennes n'étaient pas là. On ne dira jamais assez les dégâts des 35 heures dans certaines professions. Lire

Maintenant, Jacques Tarnero replace le conflit dans son contexte, surtout médiatique. Une belle leçon !

L’histoire ne bégaye pas, elle se répète

L’histoire d’Israël contredit les mots de Marx. L’histoire se répète, elle ne bégaye plus. Pourquoi le monde entre-t-il en transe dès qu’Israël fait la guerre ?

Au premier degré des images insoutenables et des chiffres. Images de corps déchiquetés, de civières ensanglantées. Sept cent tués du côté palestinien et une dizaine du côté israélien.

Que faudrait-il pour que ce film d’horreur satisfasse ses spectateurs ? Que les juifs soient fidèles à leur précédente histoire, qu’il y ait des israéliens tués par milliers ?

Qui s’interroge sur la tactique choisie par le Hamas qui consiste à s’abriter derrière des civils pour mieux donner de lui même l’image du martyr ?

Le miroir renversé de leur désastre

Dans une vision politique réduite à l’émotionnel provoqué par la violence des images, il est certain que la tactique du Hamas remporte du succès auprès d’un public autant avide de gore que de compassionnel.

Le malheur palestinien est réel, nous ne le contesterons pas, mais ce malheur a d’abord pour raison d’être le garrot intellectuel que le leadership palestinien successif a passé autour de son cou. Le malheur arabe est réel, mais à qui la faute historique ?

A Israël, la responsabilité des dictatures qui gouvernent le monde arabe ? A Israël la responsabilité des forces fanatiques qui l’irriguent ? A Israël la responsabilité de la misère du plus grand nombre face à la richesse fastueuse des émirs ?

Ce que les palestiniens et leurs amis arabes détestent d’Israël, c’est qu’Israël est le miroir renversé de leur désastre.

Depuis le retrait de Gaza en 2005 qu’est ce que les palestiniens ont fait de leur liberté acquise ? Ont-ils construits des écoles, bâti des hôpitaux, développé leur économie ? Non, ils ont creusé des tunnels pour acheminer des armes en contrebande !

Quelle issue à cet enfermement sinon dénoncer en Israël l’unique raison de tous ses échecs et de toutes ses frustrations. Dès lors quelle amère triomphe aujourd’hui que de compter les morts ! Croyez vous vraiment qu’en Israël, on s’en réjouisse ?

Pourquoi les passions se déchaînent-elles dès qu’Israël attaque ses ennemis ? Qui est l’agresseur et qui est l’agressé ? Quel pays au monde peut accepter de voir une partie de son territoire régulièrement bombardé à l’aveuglette pendant des mois et des années?

La France supporterait-elle de voir Lille ou Strasbourg touchées par des missiles venus de l’autre côté de sa frontière sans réagir ? Que le sud d’Israël ait reçu plus de dix mille roquettes en quatre ans, cela ferait-il partie d’un juste ordre des choses ?

Mais qu’Israël attaque ceux qui lancent ces fusées et ce sont autant de crimes contre l’humanité, de génocide en cours de réalisation qui sont dénoncés par toutes les consciences brutalement vigilantes.

Que ceux qui lancent ces roquettes aient pour programme politique l’élimination d’Israël, lui dénient toute légitimité, tout droit à l’existence, ferait-il aussi partie des choses normalement admises par nos opinions, nos élites, nos intellectuels, nos média?

Ce parti, le Hamas, a pris le pouvoir il y a deux ans contre son frère ennemi, le Fatah au cours de tueries dont la férocité contredit la tendre innocence dont il essaie de se grimer.

Quel est ce parti, le Hamas ?

Que dit sa charte : " Israël existera et continuera d'exister jusqu'à ce que l'islam l'anéantisse comme il a anéanti d'autres auparavant " . Article 6 : “Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien honorable qui fait allégeance et à Allah et à sa voie, l'islam. Il lutte pour hisser la bannière de l'islam sur chaque pouce de la Palestine"... Article 13 : « Il n'existe pas de solution à la question palestinienne, excepté le jihad.". Article 7 : “Le Prophète, qu'Allah le bénisse, a dit : " Le Jour du Jugement dernier ne viendra pas avant que les musulmans ne combattent les juifs, quand les juifs se cacheront derrière les rochers et les arbres. Les rochers et les arbres diront, O Musulmans, O Abdallah, il y a un juif derrière moi, vient le tuer."

Il faudrait citer in extenso ce texte hallucinant de haine pour prendre la mesure du fanatisme de son idéologie.

A-t-on déjà oublié ce que sont les bombes humaines ? A t on compris cette idolâtrie de la mort que les médias en occident nomment « attentats suicides » ?

Or ces attentats suicides ne sont-ils pas suicidaires mais jubilatoires pour une psyché apocalyptique qui fait du meurtre, la clef du paradis ? A-t-on déjà oublié ce qui vient de se produire à Bombay ? A-t-on oublié les avions sur New York ? A t on déjà oublié les attentats de Madrid, de Londres, de Bali, de Rabat, de Mombassa ? A-t-on oublié les massacres collectifs en Algérie ?

C’est la même idéologie fanatique qui anime ces mêmes groupes que sont le Hamas, le Hezbollah et autres GIA. Ne pas vouloir le voir c’est s’interdire de comprendre ces exhibitions de cadavres brandis comme autant de martyrs.

Le Hamas a compris que seule la compassion pour les victimes peut toucher les âmes chloroformées d’un Occident qui ne sait plus ce que veut dire vivre l’arme au pied, qui ne sait plus ce que veut dire passer ses nuits dans des abris, d’un occident qui ne sait plus ce que représente la transmission du fusil, des mains du père vers celles de son fils.

Qui peut croire honnêtement qu’en Israël on bombarde avec plaisir, qu’on parte à la guerre avec jubilation, qu’on fasse trois ans d’armée ?

Qui peut imaginer que ce peuple soit un peuple de tueur d’enfants ? Avez vous lu Amos Oz ? Avez vous lu David Grossman ? Pensez vous vraiment qu’Israël dispense à ses enfants un enseignement de la haine comme le font le Hamas, le Hezbollah ? Pensez vous vraiment qu’Israël soumette sa population à un endoctrinement fanatique qui exalte la mort ?

Il faut avoir en mémoire ces mots terribles de Golda Meïr « Nous sommes prêts à pardonner aux palestiniens d’avoir tué nos enfants, mais nous ne sommes pas prêts à leur pardonner de nous avoir appris à tuer les leurs ».

Quelle effroyable vérité !

L’été 2008, en échange de la restitution des dépouilles de ses soldats kidnappés au Liban Israël a libéré un terroriste libanais, Samir Kantar, coupable de l’assassinat dans des conditions particulièrement atroces, en 1974 d’un père israélien et de sa fille de quatre ans tuée à coup de crosse. Cet homme fut accueilli en héros au Liban, salué par toute la classe politique.

Les peuples se donnent les héros qu’ils peuvent.

Dès lors comment penser ces discours répétitifs, ces comportements monomaniaques de certains journalistes, cette obsessionnalité dans ces commentaires fielleux à l’égard d’Israël dès que celui-ci fait la guerre ?

Comment apprécier ces bavures médiatiques comme celle de France 2, lundi 5 janvier diffusant des images atroces de corps pulvérisés par une supposée bombe israélienne alors que le lendemain, au journal de 13 h, la présentatrice Elise Lucet présentait, très brièvement, les excuses de France 2 pour avoir diffusé un document datant en fait de 2005, lequel document montrait par ailleurs le résultat de l’explosion, par erreur, d’une voiture piégée du Hamas à Gaza ?

Certes la comparaison n’est pas une bonne excuse, mais tout de même

Cinq millions de morts au Congo en dix ans, cinq cent mille morts au Darfour en cinq ans, des centaines de milliers de personnes déplacées, ça n’intéresse personne. Une guerre sans nom au nord de Ceylan entre cinghalais et tamouls, mais qui s’en soucie ?

Un peuple sous la botte chinoise, mais les tibétains ne sont pas le grand marché du monde. Ces faits n’intéressent donc pas nos commentateurs avisés ? Un algérien égorgé par un jihadiste du GIA a-t-il moins d’intérêt qu’un palestinien tué par un soldat israélien ? Les massacres arabo-arabes seraient ils plus acceptables que la guerre faite par Israël ?

Comment accepter sans broncher que ce soit au cours de la super chic émission « ce soir ou jamais » de Frédéric Taddéi, que la représentante des Indigènes de la République, puisse insulter la République et ses lois, l’Etat d’Israël, le traiter de raciste, faire la promotion de la manifestation pro Hamas de samedi et ne trouve pour lui faire face que le silence gêné d’intellectuels?

Quelle est cette danse de Saint Gui qui agite la gauche dès que c’est Israël qui est en cause et qui croit progressiste d’aller défiler sous les drapeaux du Hamas et du Hezbollah ?

Si madame Buffet possède encore quelques neurones, ne sait-elle pas que les secondes victimes des islamistes iraniens furent les communistes du parti Toudeh, liquidés comme autant de mécréants ?

Il y a autre chose que la critique ou la condamnation d’une politique quand il s’agit d’Israël. Non la fièvre qui s’empare des commentateurs nous dit autre chose, bien plus grave, bien plus profonde. Israël dérange.

Il y aurait une sorte de soulagement chez certains en Europe à pouvoir dire à ces israéliens-juifs : « Vous faites aux palestiniens ce que nous vous avons fait » avec cet ajout en ce qui concerne la France : « Vous faites aux palestiniens ce que nous avons fait aux algériens ».

Ce règlement de compte par procuration soulage bien des consciences.

Israël a fait des erreurs. Israël a sans aucun doute de grands torts dans ses politiques, mais cet Etat porte structurellement un refus de la pensée totalitaire, un refus de la soumission et c’est cela que les nazis voulaient anéantir chez les juifs et c’est cela que les Hamas et Hezbollah veulent détruire en Israël.

Que des européens, des Français, des gens de gauche, des intellectuels, supposés dotés de raison, de capacités critiques, refusent de le voir et de le comprendre est à la fois pathétique, consternant et désespérant.

La seule question que nous vous posons est simple : "Voulez vous vivre avec le Hamas ?"

Le chemin de la paix au Proche Orient est simple : deux Etats pour deux peuples.

Cette guerre est l’avant dernière : il reste peu de temps avant l’arme atomique iranienne.

Jacques Tarnero © Primo, 12 janvier 2009

Publié dans ISRAEL

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