635 Palestiniens morts depuis fin décembre à Gaza

Publié le par A.F.P


Un homme porte un enfant palestinien blessé le 6 janvier 2009 à Gaza-ville
© 2009 AFP (Yasser Saymeh)
Un homme porte un enfant palestinien blessé le 6 janvier 2009 à Gaza-ville

L'offensive israélienne a fait au moins 635 morts palestiniens en onze jours dans la bande de Gaza, où des dizaines de civils réfugiés dans des écoles de l'ONU pour fuir les combats ont péri mardi.

L'attaque la plus meurtrière, menée dans le périmètre d'une des écoles à Jabaliya dans le nord de la bande de Gaza, a coûté la vie à 40 Palestiniens parmi des dizaines qui s'étaient abrités dans l'établissement, selon des sources médicales palestiniennes.

Les nouvelles victimes ont porté à au moins 635 le nombre de Palestiniens tués et à plus de 2.900 celui de blessés dans l'offensive israélienne dans la bande de Gaza depuis son lancement le 27 décembre, ont annoncé les services d'urgence palestiniens.

Au sol, les combats entre activistes palestiniens et soldats israéliens se sont poursuivis à Gaza-ville, dans les quartiers de Zeitoun, Choujaïya et Touffah à l'extrémité de Gaza-ville, mais aussi dans les zones urbaines du nord et du sud du territoire palestinien.

Malgré les appels internationaux à un cessez-le-feu, Israël a maintenu sa fermeté et refusé de mettre un terme à ses opérations, soutenues par son allié américain qui réclame un "cessez-le-feu durable", comprenant un arrêt définitif des tirs de roquettes.

Un tir israélien le 6 janvier 2009 au dessus du camp palestinien de Jabaliya où se trouve une école de l'Onu où ont péri une quarantaine de réfugiés palestiniens
© 2009 AFP (Patrick Baz)
Un tir israélien le 6 janvier 2009 au dessus du camp palestinien de Jabaliya où se trouve une école de l'Onu où ont péri une quarantaine de réfugiés palestiniens

"Que les actes de terrorisme cessent, que cesse la contrebande d'armes du Sinaï (égyptien) vers Gaza, et les combats israéliens cesseront", a déclaré le Premier ministre israélien Ehud Olmert lors d'une visite à Sdérot (sud).

La télévision du Hamas, Al Aqsa TV, a diffusé des images de mares de sang et de matelas et des effets personnels éparpillés devant l'école gérée par l'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés (UNRWA) à Jabaliya.

Des secouristes débordés mais aussi des civils évacuaient les corps et les blessés, dont de nombreux femmes et enfants, vers le hôpitaux.

Depuis mardi avant l'aube, cinq autres personnes avaient trouvé la mort dans des attaques contre deux écoles de l'ONU à Gaza et Khan Younès.

"Il s'agit d'une tragédie horrible ici, qui empire à chaque instant. Les gens affluent constamment avec plus de blessures. C'est incroyable", a affirmé John Ging, le chef des opérations de l'Unrwa à Gaze.

"Il n'y a plus d'endroits sûrs où se réfugier. Tout le monde est terrorisé et traumatisé car il n'y a plus de refuge pour fuir les violences", a-t-il déploré.

Le nombre des civils tués ne cesse de croître. Dans un quartier de Gaza, au moins douze membres d'un même clan familial, dont sept enfants âgés d'un à douze ans, ont ainsi été tués dans le bombardement de leur maison.

Carte de localisation des attaques israéliennes dans la Bande de Gaza et des tirs de roquettes palestiniennes sur Israël
© 2009 AFP
Carte de localisation des attaques israéliennes dans la Bande de Gaza et des tirs de roquettes palestiniennes sur Israël

Un commandant du Hamas était visé par cette attaque mais a fui avec sa femme et ses enfants au début de l'offensive.

Côté israélien, un militaire a été tué dans un accrochage, portant à six le nombre de militaires israéliens tués dans les opérations. Quatre d'entre eux sont morts dans des "tirs amis".

"L'armée a coupé en deux la bande de Gaza et encerclé la ville de Gaza", a affirmé le ministre israélien de la Défense Ehud Barak.

"Nous avons lancé cette opération pour asséner un coup dur au Hamas, pour changer les conditions de vie dans le sud d'Israël, pour apporter le calme et la sécurité aux citoyens et stopper la contrebande d'armes vers Gaza", a ajouté M. Barak, énumérant les objectifs de l'offensive israélienne.

L'inquiétude grandissait face au risque d'une aggravation de la crise humanitaire dans ce territoire pauvre et surpeuplé, où l'opération a provoqué une grave pénurie de denrées, de carburant et d'eau courante ainsi que des coupures électriques.

Malgré la présence de soldats israéliens dans Gaza, 35 roquettes ont été tirées sur le sud d'Israël, selon l'armée. Quatre Israéliens sont morts dans ces tirs depuis le 27 décembre.

Une des roquettes s'est pour la première fois abattue à plus de 45 km au nord-est de la bande de Gaza, sur la ville de Gedera, blessant légèrement un nourrisson, selon l'armée.

L'armée a affirmé avoir tué 130 combattants du Hamas depuis le début de la phase terrestre samedi.

Sur le front diplomatique, M. Sarkozy a appelé à Damas la Syrie, qui abrite le bureau politique du Hamas, à "peser" sur le mouvement islamiste pour favoriser une cessation des combats. Il a ensuite affirmé au Liban que l'attaque près de l'école à Jabaliya ne faisait que "renforcer" sa "détermination à ce que tout ceci s'arrête".

Une délégation du Hamas doit rencontrer des responsables égyptiens au Caire pour discuter des moyens de mettre fin à la guerre.

A l'ONU, les Etats arabes s'efforcent d'obtenir dès que possible une résolution du Conseil de sécurité imposant un cessez-le-feu durable à Gaza.

Le pape Benoît XVI a affirmé qu'il voulait encourager les "efforts de ceux (...) qui cherchent à aider les Israéliens et les Palestiniens à accepter de s'asseoir autour d'une table et de parler".

Publié dans ISRAEL

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