Le Hamas fait ses coups en douce

Publié le par PRIMO - J. SBERRO

Depuis quelques semaines, le Hamas intensifie ses tirs de roquette, son trafic d’armes et ses efforts pour infiltrer l’État hébreu afin de mener des attaques terroristes : en moyenne, 75 tirs de roquette et de mortier par semaine. Le Hamas, pour les lecteurs étourdis, c’est ce groupe « d’activistes » qui prétend respecter la trêve négociée pour lui par les Égyptiens avec Israël.

Exception culturelle française

Nos médias, lorsqu’ils mentionnent ces attaques, le font à la fin d’une longue énumération d’actions israéliennes, allant parfois jusqu’à oublier de préciser que c’est en représailles à ces tirs que l’Etat hébreu a lancé des offensives pour protéger ses citoyens.

Les tirs de roquette et de mortier ont été sporadiques pendant les cinq premiers mois de la trêve. Le Hamas utilisait cette hudna (le mot arabe pour trêve signifie « intermède servant à reconstituer ses forces ») pour se préparer à intensifier ses opérations militaires et pour développer des plans d’attaque plus stratégiques. La hudna a porté ses fruits et les affaires du Hamas ont repris de plus belle. Pour le présenter à la manière franco-médiatique, le 4 novembre, Tsahal a pénétré dans Gaza. Et pour faire preuve d’originalité par rapport à nos confrères, disons pourquoi : pour détruire un tunnel qui devait servir à kidnapper des soldats israéliens.

Nos médias en ont conclu qu’Israël rompait la trêve. Eh oui : les attaques aux frontières ciblant les civils et les soldats israéliens, ce n’est pas une rupture de la trêve. Et quand, le 12 novembre, quatre membres du Hamas ont tenté de poser des explosifs aux abords de la frontière avec Israël, ils se contentaient de préparer la riposte aux représailles qui auraient lieu après que les Israéliens auraient rompu la trêve.
Cela paraît compliqué et tordu ? On n’a jamais dit que le métier de journaliste était facile !

Activiste artisanal, ce n’est pas de tout repos non plus. Le Hamas a amélioré la portée de son armement, remplaçant la Qassam, qui tire à 6/8 km maximum, par la Grad, capable d’atteindre des cibles situées à environ 25 km. Grâce à cette amélioration, le 14 novembre, c’est Ashkelon, une importante ville côtière de 120 000 habitants, qui a été frappée.

Depuis qu’il s’est retiré de Gaza en août 2005, Israël a reçu plus de 4 000 roquettes et mortiers et l’Intrafada a fait plus de morts que l’occupation israélienne pendant 40 ans. Peu importe, le vocabulaire est plus long à modifier qu’une situation politique et c’est toujours « l’occupation israélienne » ou sa variante « le blocus israélien » qui sont responsables de ce qui se passe entre les Gazaouis et leurs leaders démocratiquement élus.

Quand on aime, on ne compte pas

C’est grâce à des technologies provenant d’Égypte que le Hamas développe ses capacités en matière d’armement. Il lance maintenant ses roquettes depuis des silos de lancement souterrains ou avec des lanceurs télécommandés, similaires à ceux du Hezbollah.

L’importation se fait depuis l’Egypte, mais les armes sont iraniennes. Selon les responsables israéliens de la sécurité, le Hamas aurait développé des roquettes qui ont la particularité d’être composées de petites pièces, ce qui facilite leur passage jusqu’à Gaza. Elles se remontent rapidement pour être tirées sur Israël.

Et comme on n’arrête décidément pas le progrès, le Hamas se sert d’un gaz propulseur de pointe — introduit clandestinement à Gaza pendant la destruction du mur frontalier avec l’Égypte, en janvier 2008 — qui facilite le stockage des roquettes pendant une plus longue durée et permet d’en tirer un plus grand nombre en un seul épisode de tirs. Il a aussi fait transiter d’Égypte à Gaza des lanceurs de roquettes antichar tirés à l’épaule, des fusils d’assaut, des explosifs haut de gamme et des missiles antiaériens. On attend sans trop d’impatience les récits journalistiques hexagonaux faisant état de « missiles antiaériens artisanaux ».

Est-ce juste pour embarrasser les médias français ? En tout cas, l’État hébreu continue de faciliter la livraison de l’aide humanitaire à Gaza. Ainsi il a facilité le transfert de 33 chargements de secours à destination de Gaza, le 17 novembre en pleine recrudescence des attaques contre lui, et cet Etat-qui-pratique-l’Apartheid-et-qui-génocide-les-Palestiniens continue d’accueillir les patients qui nécessitent des soins médicaux. Il n’ignore pourtant pas que le Hamas tente d'enlever des soldats et de lancer une attaque qui fasse un grand nombre de victimes, forçant ainsi Israël à limiter son activité aux postes de frontière avec Gaza.

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour améliorer son image !

Israël demeure également le fournisseur de 70% des besoins en électricité de Gaza. Le Hamas détourne évidemment cette énergie pour ses propres activités et provoque des pannes de courant pour manipuler l’opinion publique. Les Gazaouis ne sont pas dupes, mais nos médias a-do-rent.

Quand Israël a répliqué, son armée a ciblé les centres d’opération du Hamas, les appareils lance-roquettes palestiniens, les camions transportant les Qassam et ceux transportant des troupes armées.

Nos Robins-des-Plumes n’y ont vu que du feu : un régiment d’hommes cagoulés et lourdement armés, c’est un groupe de civils. La preuve, c’est qu’ils ne portent pas d’uniforme. Ou que cet uniforme ne figure pas au catalogue des armées régulières répertoriées par l’ONU.

A l’inverse, un conscrit de 20 ans kidnappé à l’intérieur des frontières israéliennes et gardé au secret sans visite de la Croix-Rouge et sans soins médicaux, c’est un soldat-ennemi-qui-n’a-que-ce-qu’il-mérite.

Si on a la presse qu’on mérite, notre karma doit être bien noir…

Liliane Messika, © Primo, 14 décembre 2008

Publié dans ISRAEL

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