Agression à Paris : MAM parle de "violences antisémites"

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"Tous les moyens (sont) déployés par les services de la préfecture de police pour identifier et interpeller les auteurs" de l'agression de trois jeunes juifs à Paris, a promis la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, dimanche 7 septembre. © AFP.

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a condamné dimanche "avec la plus grande fermeté les violences antisémites perpétrées samedi à l'encontre de trois jeunes qui se rendaient à une synagogue". Trois jeunes juifs âgés de 17 et 18 ans ont déposé plainte samedi soir au commissariat du Xe arrondissement, après avoir été agressé rue Petit, non loin du square où un autre jeune juif, Rudy, avait été roué de coups le 21 juin dernier . Exprimant toute "sa solidarité aux familles concernées et à l'ensemble de la communauté juive une nouvelle fois éprouvée", la ministre a également assuré "que tous les moyens (sont) déployés par les services de la préfecture de police pour identifier et interpeller les auteurs".

Selon la police, l'affaire a commencé vers 18 h 30 par "un jet de pierre, suivi d'une discussion qui a dégénéré en bagarre entre ces trois jeunes gens et un groupe de 6 à 7 personnes". Les trois jeunes juifs, qui portaient une kippa, ont été légèrement blessés. Le plus jeune a de nombreux bleus au visage tandis que les deux autres ont le nez cassé. L'un d'entre-eux a une incapacité totale temporaire de trois jours. "La ministre a eu connaissance d'éléments suffisamment concordants pour pouvoir qualifier cette agression d'antisémite", souligne le porte-parole du ministère de l'Intérieur Gérard Gachet, joint par lepoint.fr. Dans l'après-midi, le président du Crif, Richard Prasquier, s'est aussi dit "certain" du caractère antisémite de l'agression.

Plus tôt dans la matinée, la police judiciaire avait précisé que le caractère antisémite des violences n'était pas encore établi. "L'enquête est en cours et c'est cette dernière devrait révéler s'il s'agit d'une agression antisémite", expliquait au point.fr la porte-parole de la préfecture de police de Paris, Marie Lajus. D'après "les témoignages unanimes des trois garçons, aucune injure ni propos antisémites n'ont été prononcés" lors de l'agression, avait relevé la police judiciaire. Le parquet a saisi la 2e division de la police judiciaire avant le dépôt de la plainte.

Inquiétude face à la multiplication des agressions

Raphaël Haddad, le président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui a relayé la nouvelle, a déploré une "agression à caractère antisémite", expliquant que les jeunes avaient été pris à parti par leurs agresseurs, au nombre d'une dizaine, au seul motif qu'ils avaient "un profil de juif traditionnel" et qu'ils "portaient une kippa". L'UEJF a ainsi exprimé son inquiétude face à la "la multiplication des manifestations antisémites dans le XIXe arrondissement ces derniers mois et en particulier de la violence croissante des agressions". "Ca commence à faire beaucoup. Il faut maintenant prendre des mesures pour que cette tension cesse," également déclaré le député Jean-Christophe Cambadélis (PS), en référence à l'agression du jeune Ruddy en juin dernier.

Quant au porte parole du PS, Julien Dray, il appelle la police à "faire rapidement toute la lumière sur cette agression, dont les auteurs doivent être sévèrement punis". Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) a également dénoncé une "agression à caractère manifestement antisémite", demandant à ce "que les auteurs de ces actes inqualifiables soient appréhendés dans les meilleurs délais et sanctionnés à la mesure d'agissements qui sont aux antipodes des valeurs de Paris". Pour sa part, l'UMP a qualifié un "acte inadmissible dans notre République" qui est "contraire aux valeurs humanistes sur lesquelles elle se fonde et notamment celles de tolérance de respect de l'autre, de ses croyances et de ses convictions".

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